Cinq ans après l’incroyable succès de Parasite, Bong Joon-ho revient avec Mickey 17, une production américaine ambitieuse portée par Robert Pattinson. Le film, au budget estimé à 118 millions de dollars, n’en a rapporté que 110 millions à l’échelle mondiale. Sorti début mars, il a été relégué en vidéo à la demande aux États-Unis moins de trois semaines plus tard, après des recettes jugées insuffisantes.
Un cinéaste à contre-emploi
Ce revers soulève moins la question d’une prétendue malédiction des Oscars que celle du décalage entre les codes hollywoodiens et le style singulier du réalisateur sud-coréen. Bong Joon-ho, habitué à mêler satire sociale et étrangeté dans des formats maîtrisés, s’est vu confier ici une superproduction de science-fiction censée séduire un large public international. Résultat : un film visuellement soigné mais perçu comme trop étrange pour le grand public, et trop lisse pour les amateurs de son cinéma d’auteur.
Le cas Mickey 17 illustre une tension bien connue : celle entre les aspirations artistiques d’un réalisateur reconnu et les impératifs commerciaux d’un studio. Une fois propulsé au sommet par Parasite, Bong Joon-ho s’est retrouvé dans un système qui attend de lui un carton mondial. Un défi qui, cette fois, n’a pas été relevé.