Le créateur nord-irlandais réinvente les classiques de la maison pour sa première collection masculine printemps-été 2026, mêlant héritage couture et audace contemporaine.
Jonathan Anderson, une vision personnelle, fidèle à l’ADN Dior
Vendredi 27 juin, à Paris, Jonathan Anderson a présenté sa toute première collection pour Dior Homme dans un décor inspiré des galeries de peinture berlinoises, installé place Vauban, près des Invalides. Devant 600 invités triés sur le volet, dont Rihanna, Daniel Craig ou Robert Pattinson, le directeur artistique de 40 ans a livré un défilé salué pour sa rigueur, son élégance et sa profondeur stylistique.
Plutôt que de rompre avec l’histoire, Anderson a choisi d’en proposer une relecture sensible. Il a ainsi actualisé plusieurs silhouettes emblématiques de Christian Dior, comme la robe Delft (1948) transformée en short cargo à plis superposés, ou la veste Bar, ici cintrée à la taille dans des versions à chevrons. D’autres clins d’œil aux archives, comme le manteau « La Cigale » ou la robe « Caprice », ont été réinterprétés à travers des manteaux ou pantalons masculins à volumes exagérés.
Dior Homme, entre classicisme réinventé et subversion maîtrisée
La collection conjugue tradition et modernité dans une large palette allant des beiges et gris sobres à des touches franches de lilas, rose ou rouge. Capes nouées, fracs portés sur jeans, vestes queue-de-pie, gilets estivaux brodés et cravates inversées témoignent d’une volonté assumée de redéfinir les codes de la mode masculine. Chaque silhouette est accompagnée d’un sac, notamment des Book Tote aux titres de romans célèbres comme Bonjour Tristesse ou Dracula, en clin d’œil à la culture littéraire.
En filigrane, Anderson multiplie les références à l’histoire de la maison et à son propre parcours. Selon l’AFP, il a confié vouloir « décrypter et reprogrammer Dior », sans effacer le passé mais en l’actualisant. Le choix du lieu, les détails scénographiques et même l’invitation — une assiette blanche avec trois œufs en céramique, rappel de ses premiers jobs dans une ferme — témoignent d’une approche profondément personnelle.
À peine installé chez Dior Homme, Jonathan Anderson a également été nommé à la tête des collections féminines et de la haute couture. Une triple responsabilité inédite depuis Christian Dior lui-même, et un signal fort envoyé par LVMH à l’heure où les directions artistiques se recomposent dans l’industrie du luxe.
Avec cette collection, le créateur nord-irlandais confirme sa réputation bâtie chez Loewe, et impose un souffle nouveau sur la mode masculine parisienne. Une nouvelle ère Dior semble bien lancée.