Le 30 mai 1431, Jeanne d’Arc meurt sur le bûcher de la place du Vieux-Marché à Rouen. Accusée d’hérésie et de relapse après un procès bâclé, elle est livrée au feu sous les yeux de ses juges, des soldats anglais, et d’une foule venue assister à l’exécution de celle qu’on appelait déjà « la Pucelle ». Deux ans plus tôt, elle levait le siège d’Orléans, faisait sacrer Charles VII à Reims et changeait le cours de la guerre de Cent Ans. À peine âgée de 19 ans, elle meurt en martyre, trahie par les siens, condamnée par l’Église, mais promise à la légende.
La montée fulgurante de la Pucelle d’Orléans
Jeanne naît vers 1412 à Domrémy, un petit village du duché de Bar, dans une France éclatée entre Armagnacs et Bourguignons, livrée aux Anglais. À 16 ans, elle affirme entendre des voix célestes : l’archange Michel, sainte Catherine, sainte Marguerite. Leur message est clair : chasser les Anglais et faire sacrer le dauphin Charles, futur roi de France.
Contre toute attente, elle convainc la cour de Chinon, puis se voit confier une armée. En quelques semaines, elle change tout : Orléans est libérée, les Anglais battent en retraite, la campagne de la Loire est une suite de victoires éclatantes. Elle galvanise les troupes, impose une discipline nouvelle, et refuse les faveurs du monde. Ce n’est pas un général, c’est un symbole qui marche en tête.
Le 17 juillet 1429, Charles est sacré roi à Reims. Mais déjà, Jeanne n’est plus écoutée. Elle poursuit le combat sans soutien royal. Lors du siège de Compiègne, elle est capturée par les Bourguignons. Ces derniers la vendent aux Anglais. Dès lors, sa fin est scellée.
Un procès pour tuer une légende
Incarcérée à Rouen, aux mains des Anglais, Jeanne est remise à un tribunal ecclésiastique présidé par l’évêque Pierre Cauchon, farouche partisan anglais. Le but du procès est politique : discréditer Charles VII en présentant Jeanne comme une hérétique manipulée par le diable.
Durant les interrogatoires, la jeune fille impressionne par sa clarté, sa vivacité, sa foi inébranlable. Elle refuse de renier ses voix, répond avec aplomb, esquive les pièges tendus par ses accusateurs. Mais le verdict est déjà écrit. Sous la menace, elle signe une abjuration, promet de renoncer à ses vêtements d’homme. On commue sa peine. Mais quelques jours plus tard, on la surprend — ou pousse — à remettre son habit masculin. On la déclare “relapse” : retour à l’hérésie. Cette fois, le bûcher est inévitable.
Le 30 mai, Jeanne est menée en place publique. Elle réclame une croix, qu’on lui apporte. Elle pardonne à ses bourreaux. Le feu monte. Elle meurt en criant le nom de Jésus.