Caroline Vigneaux ouvre la cérémonie par un discours mordant contre Rachida Dati
Caroline Vigneaux ouvre la cérémonie par un discours mordant contre Rachida Dati

Devant un parterre de professionnels du théâtre réuni aux Folies Bergère, Caroline Vigneaux a marqué les esprits dès les premières minutes de la 36e Nuit des Molières, diffusée lundi soir sur France 2. Fidèle à son style engagé et irrévérencieux, l’humoriste et maîtresse de cérémonie a transformé son discours d’ouverture en véritable charge politique à l’encontre de la ministre de la Culture, Rachida Dati, assise dans la salle. Dans une ambiance mêlant satire et colère, la soirée s’est ouverte sur un appel fort à la défense du spectacle vivant, largement fragilisé par les restrictions budgétaires.

Une Marianne ironique face à une ministre sous pression

En apparaissant sur scène vêtue d’un bonnet phrygien, le sein dénudé, brandissant le drapeau tricolore — clin d’œil au tableau La Liberté guidant le peuple — Caroline Vigneaux donne d’emblée le ton. L’attaque est directe : « C’est carrément un miracle votre présence ici », lance-t-elle à l’adresse de Rachida Dati, avant de dénoncer son « incroyable capacité à résister à tout, sauf aux coupes budgétaires ». Reprenant avec ironie les mots de la chanson Résiste de France Gall, elle exhorte la ministre à refuser de signer les baisses de financement, en écho au thème de la soirée : la résistance. Devant un public hilare, elle enchaîne les piques, rappelant que le théâtre, par essence, lutte contre l’obscurantisme et les reculs sociaux, et ne saurait être une variable d’ajustement dans un contexte politique tendu.

Une cérémonie devenue tribune

En quelques minutes, la comédienne transforme la scène des Molières en espace d’expression politique, incarnant la colère d’un milieu inquiet pour son avenir. En dénonçant la précarité croissante des structures culturelles, elle rejoint les inquiétudes déjà exprimées par de nombreuses figures du secteur. Quelques heures plus tôt, des manifestants de la CGT Spectacle s’étaient d’ailleurs rassemblés devant les Folies Bergère pour dénoncer une politique de plus en plus « indifférente » à la création. Face à ce climat, l’interpellation de Caroline Vigneaux résonne comme un cri du cœur. Si l’humour adoucit la forme, le fond est limpide : il s’agit d’un appel à défendre la culture comme un pilier essentiel de la démocratie. Et pour cela, même une cérémonie de récompenses peut devenir une scène de résistance.

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