Sans oxygène, sans sherpa, sans corde fixe : Benjamin Védrines et Nicolas Jean ont ouvert une nouvelle voie sur un sommet himalayen jusqu’ici inviolé. Le 16 octobre dernier, les deux alpinistes français ont réussi la première ascension de la face Est du Jannu, à 7 468 mètres d’altitude, au Népal.
Une ascension extrême sur un sommet mythique
Trois jours d’efforts, des conditions extrêmes et une détermination sans faille : c’est ce qu’il aura fallu à Benjamin Védrines, 33 ans, et Nicolas Jean, 26 ans, pour atteindre le sommet du Jannu Est, un géant de l’Himalaya réputé infranchissable. Leur ascension a été réalisée en style alpin, une approche qui exclut tout recours à des cordes fixes, porteurs ou bouteilles d’oxygène, ce qui rend l’exploit d’autant plus exceptionnel.
Pour s’adapter à l’altitude et aux conditions hostiles, les deux Français ont passé près d’un mois dans un camp d’acclimatation à 4 700 mètres. C’est ensuite une montée engagée de plusieurs jours qu’ils ont menée, avec des températures nocturnes descendant à –20°C et des bivouacs creusés dans la neige. L’ascension s’est jouée dans une harmonie totale entre les deux hommes, selon Benjamin Védrines, qui parle de « solo à deux », expliquant qu’en l’absence d’assurage, « si l’un tombe, l’autre tombe aussi ».
Le rêve de gosse devenu réalité
Le sommet a été atteint le mercredi 16 octobre à 13 h 40, heure locale. Mais l’arrivée ne s’est pas faite sans rebondissements : les derniers 500 mètres ont été particulièrement éprouvants, comme l’a raconté Nicolas Jean sur Facebook, évoquant « une neige jusqu’aux hanches dans des pentes très raides » et un faux sommet qui a retardé leur progression. Pour l’alpiniste, cet exploit représente « un rêve de gosse qui se réalise » et « un aboutissement dans [sa] carrière ».
Ce succès a une résonance d’autant plus forte qu’il intervient un an après une première tentative avortée sur cette même face Est. Cette fois, la réussite a été au rendez-vous, mais les alpinistes ont choisi la sobriété au sommet : pas de drapeau planté, simplement un moment partagé, assis face à l’immensité. « Une ascension peut changer une vie. Je crois que celle-là en fait partie », a confié Benjamin Védrines au média Pays de Savoie. Une phrase à la hauteur de leur exploit, désormais inscrit dans l’histoire de l’alpinisme moderne.