À peine plus haut que l’échiquier, mais déjà prêt à renverser des géants. À 8 ans seulement, Aidan Phaychith de Saint-Germain-sur-Morin, en Seine-et-Marne, vient de décrocher son billet pour les championnats de France Jeunes d’échecs 2025, organisés du 29 avril au 4 mai prochains. Rien de banal pour un garçon de son âge, à l’heure où beaucoup préfèrent courir derrière un ballon ou collectionner des cartes Pokemon. Pourtant, les parents d’Aidan l’assurent : cette passion lui est venue naturellement. À l’origine, un simple plateau multi-jeux, comme tant d’autres enfants en possèdent, mais très vite, ce sont les échecs qui ont pris toute la place. À peine huit mois après cette découverte fortuite, ses parents l’inscrivaient au club local, l’Échiquier du Morin à Esbly, où il rencontre son premier entraîneur, Patrice. Une rencontre décisive qui scelle définitivement son amour du jeu.
Une ascension fulgurante entre passion et persévérance
Quand son entraîneur Patrice quitte la région, pas question pour la famille d’en rester là. Direction le Club de Noisiel Échecs, plus grand, plus compétitif. Ici, Aidan trouve un terrain de jeu à sa mesure, entre cours particuliers intensifs et compétitions régulières. L’entraînement est rigoureux : jusqu’à 7 heures par semaine, réparties entre sessions collectives et cours privés, sous la houlette de deux entraîneurs dédiés. Cette stratégie intensive a payé. Après avoir décroché la première place en catégorie U8 lors du championnat départemental du 10 novembre 2024, il s’offre une belle 14e place au championnat régional, où 110 jeunes passionnés s’affrontaient. À titre de comparaison, l’année précédente, il avait manqué de très peu cette qualification, échouant à la 29e place alors que seuls les vingt premiers avaient accès au championnat de France. Cette fois, la persévérance et les longues heures de travail ont fait toute la différence.
Une passion coûteuse mais assumée
Mais un tel parcours a forcément un coût. Face aux frais élevés qu’impliquent la compétition nationale (logement, transport, préparation mentale), le Club de Noisiel Échecs a lancé une cagnotte solidaire en espérant récolter 2000 euros pour épauler ses jeunes talents, dont Aidan et deux autres enfants du club. Cette somme permettra d’alléger significativement les dépenses du club et des parents, qui soutiennent sans hésitation l’ambition du jeune garçon. Car au-delà de l’aspect compétitif, pour Aidan, les échecs restent avant tout un jeu, une passion qui rythme ses journées. Son père précise même que, après avoir enchaîné jusqu’à neuf parties lors d’un tournoi d’une journée entière, Aidan rentre chez lui et reprend immédiatement son échiquier, pour jouer seul ou défier famille et amis. À ce stade, il n’est plus seulement question de victoire, mais d’un plaisir réel et intense, moteur indispensable à toute ambition de devenir un jour champion.