TOKYO — La Chine s’apprête à lever sa suspension des importations de fruits de mer japonais, imposée en 2023 en réaction au rejet dans l’océan d’eaux traitées mais légèrement radioactives provenant de la centrale nucléaire de Fukushima, a annoncé vendredi le ministre japonais de l’Agriculture, Shinjiro Koizumi.
L’accord a été trouvé à l’issue d’une rencontre entre responsables des deux pays à Pékin. Les exportations devraient reprendre une fois les formalités administratives achevées, bien que la Chine n’ait pas encore confirmé officiellement l’existence d’un tel accord. Les autorités chinoises ont simplement indiqué que les discussions avaient permis des « progrès substantiels ».
« Les produits de la mer représentent un poste d’exportation important pour le Japon. Cette reprise constitue une étape majeure », a déclaré Koizumi. Le ministre des Affaires étrangères, Takeshi Iwaya, a également salué cette avancée, qu’il considère comme un premier pas vers la résolution d’autres différends bilatéraux.
Cependant, Pékin maintient encore son interdiction d’importation de produits agricoles et halieutiques provenant de dix préfectures japonaises, dont celle de Fukushima. Le Japon entend poursuivre ses efforts pour obtenir la levée de ces restrictions.
La suspension chinoise, qui avait porté un coup dur au secteur japonais de la pêche, était intervenue après le début du rejet en mer de l’eau de refroidissement de la centrale endommagée de Fukushima, traitement autorisé mais controversé. Bien que l’eau ait été filtrée et fortement diluée, la Chine avait exprimé ses inquiétudes concernant les risques potentiels pour les communautés côtières et l’environnement marin.
Selon Tokyo, ces rejets respectent les normes internationales de sûreté, et sont indispensables pour permettre le démantèlement de la centrale et prévenir de potentielles fuites accidentelles. La Compagnie d’électricité de Tokyo (TEPCO), exploitante du site, a promis d’indemniser les producteurs japonais affectés par les interdictions d’exportation.
Avant l’interdiction, la Chine continentale représentait plus de 20 % des exportations de fruits de mer japonais, en tête devant Hong Kong. Bien que les exportations halieutiques ne constituent qu’une faible part du commerce extérieur global du Japon, leur impact économique est significatif pour les régions concernées.
La centrale de Fukushima a subi de graves avaries après le séisme et le tsunami de 2011. Depuis, les autorités luttent pour gérer les immenses volumes d’eau contaminée utilisés pour refroidir les réacteurs. Le Japon a commencé à relâcher cette eau en mer en août 2023, provoquant une vague de protestations internes et internationales, notamment en Chine et en Corée du Sud.