Trois personnes ont trouvé la mort et cinq autres ont été blessées vendredi soir en Indonésie après l’incendie du bâtiment du parlement régional de Makassar, capitale de la province de Sulawesi du Sud. Selon les autorités, le feu a été déclenché par des manifestants dans un contexte de contestation grandissante contre les salaires des parlementaires et après la mort d’un chauffeur de moto de transport percuté par un véhicule de police.
L’agence nationale de gestion des catastrophes a confirmé le bilan samedi, sans préciser les causes exactes des décès. L’agence de presse officielle Antara a toutefois indiqué que les victimes auraient été piégées dans l’immeuble en flammes. Deux des blessés auraient sauté du bâtiment pour tenter d’échapper à l’incendie.
Ces violences marquent une escalade dans un mouvement de protestation qui a débuté à Jakarta en début de semaine avant de s’étendre à d’autres régions. La colère s’est amplifiée jeudi, lorsqu’un véhicule blindé de la police a heurté et tué un chauffeur de moto en covoiturage, déclenchant des appels à une réforme de la police et à davantage de transparence sur ses méthodes.
Le président Prabowo Subianto, qui a pris ses fonctions en octobre dernier, a réagi vendredi en se rendant au domicile de la victime à Jakarta pour présenter ses condoléances aux parents du jeune homme. Il a promis de superviser personnellement l’enquête sur sa mort et a appelé au calme, alors que les manifestations se transforment en premier test majeur de son mandat.
L’incendie de Makassar et les affrontements meurtriers qui l’ont précédé mettent en évidence la défiance croissante envers les institutions et l’ampleur des tensions sociales auxquelles la nouvelle administration doit faire face moins d’un an après son arrivée au pouvoir.