Frappe frontalière en Thaïlande : une grand-mère retrouve sa maison détruite par les tirs cambodgiens
Frappe frontalière en Thaïlande : une grand-mère retrouve sa maison détruite par les tirs cambodgiens

Dans la province thaïlandaise de Sisaket, Koon Kantho, 68 ans, arpente les décombres de ce qui fut autrefois sa maison familiale, pulvérisée par une attaque d’artillerie venue du Cambodge. Une semaine plus tôt, alertée par la destruction soudaine d’une épicerie voisine, elle avait précipitamment rassemblé ses effets essentiels et fui le district frontalier de Kantharalak avec sa famille. Quelques instants après leur départ, une détonation a retenti. Elle n’a pas osé se retourner.

Ce n’est qu’à son retour, par l’intermédiaire de son gendre, qu’elle a appris la vérité : leur maison, qui abritait six personnes dont sa petite-fille de sept ans, avait été totalement anéantie par les bombardements. « Dieu merci, nous avons fui », confiait-elle mardi, bouleversée, en déambulant parmi les ruines. « Si nous n’avions pas fui, nous aurions péri. »

Les violences qui ont frappé cette région frontalière ont duré cinq jours, constituant l’affrontement le plus intense entre la Thaïlande et le Cambodge depuis plus d’une décennie. Les combats ont affecté de nombreuses communautés vivant le long de la frontière, des deux côtés, forçant des centaines de familles à évacuer dans la précipitation, alors que l’artillerie faisait feu sans discernement.

La maison de Koon Kantho, modeste bâtisse abritant également une petite épicerie familiale, symbolise la vulnérabilité des civils dans ce type de conflit. En quelques instants, ce lieu de vie a été réduit à un amas de gravats, balayant les efforts d’une vie. Comme d’autres habitants de Kantharalak, elle tente désormais de mesurer l’étendue des dégâts et d’envisager une reconstruction, dans un climat d’incertitude.

Un cessez-le-feu a été annoncé lundi, mettant fin provisoirement aux hostilités. Les autorités des deux pays n’ont pas encore précisé les causes exactes de cette flambée de violence, mais les tensions autour de la frontière, historiquement disputée, restent un sujet sensible et récurrent. En attendant, les populations civiles paient le prix fort de ces conflits entre États.

Le retour à la normale s’annonce lent et difficile pour Koon et sa famille. « Il ne nous reste plus rien », dit-elle. Mais pour l’instant, leur survie suffit à nourrir une forme de soulagement. « Nous avons sauvé nos vies. C’est le plus important. »

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