Une Allemande, auteure d’un vol commis dans les années 1970 sur un site antique grec, a récemment décidé de restituer l’objet dérobé via une université allemande. Le ministère grec de la Culture salue un geste rare, entre remords et responsabilité.
Une restitution tardive mais symbolique
Il aura fallu attendre un demi-siècle pour que le fragment d’une colonne en calcaire, volé dans les ruines antiques d’Olympie, retrouve sa terre d’origine. D’une hauteur de 24 centimètres et large de 33,5 centimètres, l’objet avait été prélevé dans les années 1970 sur le site du Léonidaion, une maison d’hôte datant du IVe siècle avant notre ère, à Olympie. La personne responsable du vol — une citoyenne allemande dont l’identité n’a pas été révélée — a finalement décidé de remettre la pièce entre les mains de l’université allemande de Münster. Celle-ci en a assuré la restitution officielle à la Grèce, vendredi 10 octobre 2025.
Selon un communiqué du ministère grec de la Culture, cette démarche aurait été motivée par les précédentes restitutions menées par l’université de Münster. En 2019, l’établissement avait déjà renvoyé à Athènes une coupe ayant appartenu à un athlète des premiers Jeux olympiques modernes de 1896, et en 2024, une tête en marbre romaine provenant d’un cimetière de Thessalonique. « La culture et l’histoire ne connaissent pas de frontières mais nécessitent la coopération, la responsabilité et le respect mutuel », a déclaré Giorgios Didaskalou, représentant du ministère.
Un geste salué par les autorités grecques
Le conservateur du musée archéologique de l’université de Münster, Torben Schreiber, a souligné de son côté que « mieux vaut tard que jamais », affirmant qu’« il n’est jamais trop tard pour faire ce qui est juste, moral et équitable ». Le ministère grec a salué le « courage et la sensibilité » de la femme à l’origine de cette restitution, la qualifiant d’exemple à suivre dans un contexte où les œuvres issues de pillages ou de vols sont encore nombreuses à circuler entre collections privées et institutions étrangères.
Ce retour s’inscrit dans un effort plus large mené par la Grèce pour récupérer les pièces de son patrimoine dispersées à l’étranger. Athènes évite autant que possible les recours judiciaires, préférant miser sur la diplomatie et les restitutions volontaires. Le dossier le plus emblématique reste celui de la frise du Parthénon, conservée depuis le XIXe siècle au British Museum à Londres, dont la Grèce réclame inlassablement le retour.