Un autoportrait caché de Vermeer découvert sous « Une jeune fille endormie »
Un autoportrait caché de Vermeer découvert sous « Une jeune fille endormie »

Grâce à une analyse récente menée par le Metropolitan Museum of Art de New York, un détail insoupçonné dans Une jeune fille endormie pourrait bien réécrire l’histoire de Johannes Vermeer. Un reflet à peine visible découvert dans le décor suggère que le peintre néerlandais se serait lui-même représenté dans son œuvre – une rareté dans son corpus, qui ne compte qu’un seul autoportrait présumé à ce jour.

Un reflet masqué derrière la scène

Le tableau Une jeune fille endormie (1656–1657), conservé au Metropolitan Museum, a fait l’objet d’un examen approfondi aux rayons X. Résultat : derrière une porte entrouverte, sur le mur du fond, les spécialistes ont identifié un miroir encadré reflétant un homme au bras levé, pinceau à la main… gauche. Un détail intrigant, interprété comme l’effet d’un miroir inversé, qui laisse penser que Vermeer pourrait s’être discrètement représenté en train de peindre.

Mais l’image reste incertaine : trop sombre, elle ne permet pas de distinguer nettement les traits du visage. Surtout, le peintre semble avoir volontairement supprimé ce reflet dans la version finale du tableau. Le miroir initial a été remplacé par un plus petit, sans reflet, et de nouveaux éléments – un verre vide, une cruche à vin, une scène d’intérieur dominée par une peinture de Cupidon – ont été ajoutés au premier plan. Ces choix recentrent le regard sur la jeune femme, dont la posture évoque moins le sommeil que le chagrin ou la mélancolie.

Cette découverte, publiée dans l’ouvrage Closer to Vermeer en juillet 2025, a été approfondie par The Art Newspaper, qui a révélé un lien possible avec Le Tambour indiscipliné (1655) de Nicolas Maes. Dans ce tableau, un miroir accroché au mur reflète aussi l’image du peintre à son chevalet. Vermeer, qui connaissait les œuvres de Maes, aurait pu s’en inspirer, avant de décider d’effacer sa propre figure dans Une jeune fille endormie.

Un jeu de miroirs au service du récit

Ce n’est pas la première fois que Vermeer utilise ce procédé. Dans La Leçon de musique (vers 1662–1665), un miroir reflète le visage d’un personnage. Quant à L’Art de la peinture (1666), il présente ce qui est aujourd’hui considéré comme le seul autoportrait partiel du peintre, visible de dos. L’usage du reflet, courant dans la peinture flamande du XVe au XVIIe siècle – comme chez Van Eyck ou Velázquez – permettait au peintre de s’insérer subtilement dans l’espace pictural tout en démontrant sa maîtrise technique.

Des examens similaires sur d’autres œuvres de Vermeer ont révélé une tendance à simplifier ses compositions au fil du temps. Dans La Liseuse à la fenêtre (1657), un grand tableau représentant Cupidon avait été effacé. Dans La Laitière (1658), plusieurs objets en arrière-plan ont également disparu, ne laissant que l’ombre d’un clou. Ces choix montrent une recherche de clarté visuelle, mais aussi peut-être une volonté de renforcer la dimension émotionnelle et narrative des scènes.

Que retenir rapidement ?

Grâce à une analyse récente menée par le Metropolitan Museum of Art de New York, un détail insoupçonné dans Une jeune fille endormie pourrait bien réécrire

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