Smiljan Radic Clarke remporte un Pritzker 2026 assombri par l’affaire Epstein
Smiljan Radic Clarke remporte un Pritzker 2026 assombri par l’affaire Epstein

Le prix Pritzker 2026, distinction suprême de l’architecture mondiale, a été attribué à l’architecte chilien Smiljan Radic Clarke. A 60 ans, il devient le deuxième Chilien récompensé après Alejandro Aravena. Cette consécration, annoncée le 12 mars, n’a pourtant pas été accueillie dans un climat serein : la fondation qui remet le prix traverse une zone de fortes turbulences après les révélations sur les liens entre Tom Pritzker et Jeffrey Epstein, une polémique qui a retardé l’annonce du lauréat.

Un architecte de l’épure enfin consacré

Peu connu du grand public hors des cercles spécialisés, Smiljan Radic Clarke s’est imposé depuis une trentaine d’années avec une architecture singulière, souvent développée au Chili, où il a fondé son agence à Santiago en 1995. Son travail se distingue par l’emploi de matières brutes, des formes qui semblent parfois fragiles ou inachevées, et une attention constante à l’intériorité des espaces.

Parmi ses réalisations les plus commentées figure le pavillon de la Serpentine Gallery à Londres, dévoilé en 2014, une structure translucide posée sur de massifs blocs de pierre, qui l’a véritablement fait émerger sur la scène internationale. Le jury du Pritzker a salué une œuvre qui refuse les recettes toutes faites et traite chaque projet comme une recherche à part entière. De son côté, l’architecte a réagi avec modestie, expliquant à NPR que cette récompense représentait un immense honneur, tout en reconnaissant qu’elle allait lui apporter une exposition médiatique dont il se serait volontiers passé.

Une récompense prestigieuse rattrapée par la polémique

Cette édition 2026 restera aussi marquée par le contexte embarrassant entourant la fondation Pritzker. Selon les informations révélées dans les documents de l’affaire Epstein, Tom Pritzker, dirigeant de la fondation, a entretenu des échanges avec le financier américain après sa condamnation de 2008. Ces révélations ont provoqué une nouvelle onde de choc autour d’une institution déjà fragilisée, au point de repousser l’annonce du prix.

La fondation a tenté de préserver la crédibilité de la récompense en rappelant, dans un communiqué transmis au Monde, que le jury délibérait de manière indépendante et sans influence extérieure. Reste que cette controverse a inévitablement parasité la mise en lumière du lauréat. Le sacre de Smiljan Radic Clarke n’en demeure pas moins une reconnaissance majeure pour une œuvre discrète, dense et cohérente, qui s’est construite loin des grands effets et des projecteurs.

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