Le designer américain Willy Chavarria, collaborateur d’Adidas, a présenté samedi 9 août ses excuses après la controverse entourant le modèle de sandales baptisé Oaxaca Slip-On. Ce nom, directement emprunté à l’État mexicain d’Oaxaca, a suscité la colère des autorités, qui accusent l’équipementier allemand d’appropriation culturelle et demandent un dédommagement au profit de la communauté artisanale concernée.
Un modèle inspiré sans collaboration locale
Dans un communiqué relayé par l’Agence France-Presse, Willy Chavarria, lui-même d’origine mexicaine, a reconnu que le produit avait été conçu « sans partenariat direct et significatif » avec les habitants de Villa Hidalgo Yalalag, village où sont fabriquées de manière traditionnelle les sandales qui ont inspiré ce design. Le créateur a admis que le lancement « ne correspondait pas à une approche respectueuse et collaborative » envers cette communauté.
Réactions officielles et menaces de poursuites
Marina Núñez, sous-secrétaire fédérale au développement culturel du Mexique, a dénoncé un « plagiat » et une atteinte à une « propriété intellectuelle collective ». La présidente Claudia Sheinbaum a exigé « réparation » et évoqué un possible recours juridique. Salomon Jara, gouverneur d’Oaxaca, a lui aussi menacé d’actions en justice. Face à la pression, Adidas a accepté de rencontrer les autorités locales.
Ce n’est pas la première fois que le Mexique interpelle de grandes marques pour usage non autorisé de créations artisanales ou de motifs traditionnels : Shein, Zara ou encore Carolina Herrera ont déjà été pointées du doigt par le passé. Cette affaire s’inscrit donc dans une série de revendications visant à protéger le patrimoine culturel et les savoir-faire des communautés indigènes face à l’industrie de la mode.