Notre-Dame de Paris retrouve ses 16 statues, rescapées in extremis de l’incendie
Notre-Dame de Paris retrouve ses 16 statues, rescapées in extremis de l’incendie

Symboles majeurs de la flèche disparue, les sculptures des apôtres et des évangélistes ont été réinstallées au sommet de la cathédrale, six ans après l’incendie.

Une résurrection d’exception pour les statues de la flèche

Ce jeudi 24 juillet 2025, la dernière des seize statues en cuivre ornant la base de la flèche de Notre-Dame de Paris a retrouvé sa place d’origine. Il s’agit de la figure de Saint-Thomas, reconnaissable à ses traits, inspirés de ceux d’Eugène Viollet-le-Duc, l’architecte du XIXe siècle à l’origine de la flèche néogothique. Cette ultime repose marque la fin d’un long processus de restauration, entamé bien avant l’incendie qui avait ravagé la cathédrale le 15 avril 2019.

Ces statues monumentales – représentant les douze apôtres et les quatre symboles des évangélistes (lion, taureau, ange, aigle) – avaient été déposées le 11 avril 2019 pour restauration, échappant ainsi miraculeusement au drame. Selon Marie-Hélène Didier, conservatrice à la Direction régionale des affaires culturelles d’Île-de-France, interrogée par l’AFP, ce retrait in extremis relève presque « du miracle ». Restaurées dans les ateliers Socra en Dordogne, puis exposées entre 2023 et 2025 à la Cité de l’architecture à Paris, elles ont entamé leur retour sur la cathédrale le 23 juin dernier.

Un geste hautement symbolique avant la réouverture

Les seize figures de cuivre martelé – hautes de plus de 3 mètres et pesant environ 150 kg chacune – sont les seuls éléments de la flèche originale encore intacts, avec la grande croix du chevet, elle aussi restaurée. Saint-Thomas, main en visière tournée vers la flèche qu’il semble contempler, symbolise à lui seul le lien entre le passé et la reconstruction en cours. La flèche actuelle, réplique fidèle de celle imaginée par Viollet-le-Duc, culmine à 96 mètres de hauteur.

La repose de ces statues clôt un chantier particulièrement technique de couverture et d’ornement de la nouvelle flèche, qui mobilise depuis février couvreurs et échafaudeurs, comme l’a précisé Philippe Jost, président de l’établissement public chargé de la reconstruction. Celles-ci restent pour l’instant masquées par les échafaudages, mais seront visibles du public dès fin août.

Tandis que les travaux se poursuivent sur les façades et les aménagements intérieurs, la réouverture au public de la cathédrale est maintenue pour le 20 septembre 2025, près de six ans après la catastrophe.

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