Création la plus somptueuse jamais conçue par Fabergé pour les Romanov, l’Œuf d’hiver impérial a été vendu pour 26 millions d’euros ce 2 décembre à Londres. Un prix historique pour un objet exceptionnel.
Un chef-d’œuvre impérial adjugé à un prix sans précédent
Convoité par les plus grands collectionneurs, l’Œuf d’hiver commandé par le tsar Nicolas II en 1913 pour sa mère Maria Feodorovna a été adjugé pour 22,9 millions de livres sterling – soit environ 26 millions d’euros – lors d’une vente organisée par la maison Christie’s. Avec cette enchère, il devient l’objet le plus cher jamais vendu de la célèbre maison Fabergé, dépassant largement le précédent record établi en 2007 par l’Œuf Rothschild.
Rarissime, cette pièce est l’un des 50 œufs de Pâques impériaux réalisés par le joaillier Pierre-Karl Fabergé pour la famille régnante russe avant la Révolution de 1917. Seuls 43 de ces chefs-d’œuvre sont aujourd’hui recensés, et à peine sept appartiennent encore à des collectionneurs privés. L’Œuf d’hiver, pièce phare de cette tradition, impressionne tant par sa valeur que par sa complexité.
Cristal, platine et 4 500 diamants pour une œuvre inégalée
Mesurant 14 centimètres, ce joyau est taillé dans du cristal de roche translucide et orné de pas moins de 4 500 diamants. Il repose sur un socle délicatement sculpté et décoré de montures en platine, façonnées en forme de flocons de neige. Fidèle à la tradition des “surprises” cachées dans chaque œuf impérial, celui-ci contient un minuscule bouquet d’anémones en quartz blanc montées sur des tiges en or, rassemblées dans un panier de platine.
Commandé à l’origine pour célébrer la Pâque orthodoxe, ce présent était offert par Nicolas II à sa mère, tandis qu’un second œuf était réservé à son épouse, Alexandra. Selon les experts de Christie’s, il s’agit de la création la plus luxueuse jamais produite par la maison Fabergé pour la famille impériale. Son niveau de raffinement technique reste, encore aujourd’hui, difficile à égaler : « Il est presque inconcevable de comprendre comment Fabergé a pu réaliser une œuvre d’une telle complexité », a souligné Margo Oganesian, responsable des ventes Fabergé chez Christie’s, dans un communiqué relayé par l’AFP.
Resté entre des mains privées, cet objet rarissime suscite depuis les années 1950 l’engouement des collectionneurs, notamment russes, désireux de posséder une part tangible de leur histoire. Le nom de l’acquéreur n’a pas été dévoilé, mais la vente consacre un peu plus encore le statut mythique des œufs impériaux de Fabergé sur le marché de l’art international.