Jean-Guillaume Olette-Pelletier, spécialiste des crypto-hiéroglyphes, a mis au jour une série de messages codés gravés sur le célèbre monument parisien, vestige du règne de Ramsès II.
Une lecture inédite de l’obélisque, née d’un confinement
C’est au cœur du premier confinement de 2020 que l’égyptologue Jean-Guillaume Olette-Pelletier, résident du 8e arrondissement, commence à fréquenter quotidiennement l’obélisque de la Concorde. En observant les inscriptions à l’aide de jumelles, il repère des anomalies dans l’orientation et la composition des hiéroglyphes. Intrigué, il initie un travail de décryptage qui le mènera à identifier sept messages cryptés intégrés dans les décors du monument. Ces textes, invisibles à l’œil non averti, sont issus d’une pratique rare : la cryptographie hiéroglyphique, un langage codé destiné à une élite savante de l’Égypte ancienne.
En 2021, les échafaudages installés pour la restauration de l’obélisque en vue des Jeux olympiques offrent à Olette-Pelletier une occasion inédite : accéder au sommet du monument, haut de 30 mètres. Il devient alors le premier égyptologue à l’examiner de si près depuis son installation en 1836. C’est à cette altitude qu’il valide ses hypothèses et relève les hiéroglyphes cachés, parfois invisibles depuis le sol.
Une propagande sculptée dans la pierre
Les messages découverts par le chercheur ne relèvent pas uniquement du mysticisme ou de l’art sacré : ils sont aussi politiques. L’un d’eux, visible uniquement sous un angle de 45°, rappelle la souveraineté divine de Ramsès II à ceux qui approchaient le temple de Louxor par le Nil, lors de la fête d’Opet. Le pharaon y apparaît couronné du pschent, symbole de l’unité entre la Haute et la Basse-Égypte, dans une posture d’offrande au dieu Amon.
Un autre message cryptique, dissimulé dans la coiffe du roi, combine les symboles du « ka » (la force vitale divine) et de la table d’offrandes, traduisible par l’expression rituelle : « Apaiser la force vitale d’Amon ». D’après Olette-Pelletier, ce genre d’inscription constituait un appel symbolique à maintenir l’ordre cosmique par des rites permanents.
L’égyptologue a détaillé ses découvertes dans une interview accordée à France Inter le 17 avril 2025, et prévoit une publication académique dans la revue ENIM (Égypte Nilotique et Méditerranéenne). Son travail éclaire d’un jour nouveau un monument que des milliers de passants croisent chaque jour sans imaginer les secrets qu’il renferme.