Léonard de Vinci au Clos Lucé : la nature comme moteur d’innovation
Léonard de Vinci au Clos Lucé : la nature comme moteur d’innovation

Cet été, le château du Clos Lucé à Amboise célèbre le génie intemporel de Léonard de Vinci à travers une exposition inédite dédiée au biomimétisme. Du 7 juin au 10 septembre 2025, les visiteurs sont invités à explorer comment la nature inspire les innovations scientifiques et artistiques d’hier à aujourd’hui. Au cœur de cette immersion, une œuvre originale du maître italien, rarement exposée, dévoile toute la modernité de sa pensée.

Léonard, pionnier du biomimétisme

L’exposition S’inspirer du vivant : de Léonard de Vinci à nos jours met en lumière la fascination de Léonard pour les mécanismes du vivant. Il étudie le vol des chauves-souris, le mouvement des poissons, ou encore la structure des plantes, non par simple curiosité, mais pour y déceler des principes applicables aux défis humains de son époque. Cette démarche préfigure le biomimétisme moderne, fondé sur l’idée que la nature peut servir de modèle technologique.

L’un des joyaux de l’exposition est un dessin original prêté exceptionnellement par la Bibliothèque Ambrosienne de Milan. Ce document daté de 1490, représentant une aile volante inspirée de la chauve-souris, avait déjà été apporté par Léonard à Amboise en 1519. Transporté à l’époque à dos de cheval, il revient aujourd’hui sous haute sécurité pour une brève apparition publique avant d’être conservé hors de vue pendant dix ans. « C’est une œuvre mythologique », affirme Pascal Brioist, co-commissaire de l’exposition, cité par l’AFP.

Un dialogue entre art, science et écologie

Le parcours de l’exposition se déploie en six salles thématiques, où l’univers de Léonard dialogue avec les inventions contemporaines. Aux côtés de ses croquis, le public découvre des robots bio-inspirés du LAAS-CNRS, des œuvres de François Delarozière comme une araignée mécanique monumentale ou un héron articulé, et la maquette du SeaOrbiter imaginée par Jacques Rougerie, laboratoire flottant conçu pour explorer les océans.

Le biomimétisme trouve aussi un écho dans la mode avec deux robes futuristes d’Iris Van Herpen, et dans les arts visuels à travers des vidéos de projets artistiques inspirés du vivant. Cette diversité montre que la vision de Léonard, où nature et technologie ne s’opposent pas mais se renforcent, reste pleinement actuelle. « Le biomimétisme nous invite à porter un regard nouveau sur la nature », a déclaré François Saint Bris, président du Clos Lucé.

Au-delà de la célébration d’un génie de la Renaissance, cette exposition invite à repenser notre manière d’innover : en revenant à la nature, non pas pour l’exploiter, mais pour apprendre à mieux vivre avec elle.

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