Le musée Marmottan Monet à Paris consacre sa nouvelle exposition au thème du sommeil, entre rêverie et inconscient. « L’Empire du sommeil », visible du 9 octobre 2025 au 1er mars 2026, rassemble plus de 130 œuvres pour explorer les dimensions artistiques, symboliques et scientifiques de ce moment suspendu entre vie et mort.
Du rêve à l’éveil : un parcours à travers les siècles
Le parcours, conçu par Laura Bossi, neurologue et historienne des sciences, et Sylvie Carlier, directrice des collections du musée, offre une lecture riche du sommeil dans l’histoire de l’art, avec un accent sur les XIXe et XXe siècles. Cette période, marquée par l’essor de la psychanalyse, des sciences du cerveau et des réflexions philosophiques, voit le sommeil devenir un véritable terrain d’exploration mentale et visuelle.
À travers des œuvres de Monet, Vallotton, Redon, Klimt, ou encore Magritte, l’exposition déploie une vaste palette de représentations allant de l’innocence de l’enfant endormi à l’angoisse des cauchemars. Des figures bibliques ou mythologiques comme Hypnos, Thanatos ou la Vierge endormie côtoient des visions modernes de l’insomnie, du somnambulisme ou des paradis artificiels. Le sommeil, tour à tour refuge, trouble, ou érotisme, devient un miroir des tensions de l’époque et des tourments intérieurs.
Intimité, lit défait et corps abandonnés
Le sommeil est aussi une affaire de corps et de lieux. L’exposition accorde une place importante à la chambre, au lit et à l’abandon de soi dans l’espace privé. Du Lit défait de Delacroix à la sculpture sensuelle d’Arturo Martini, ces œuvres disent la vulnérabilité et la tendresse des dormeurs. L’érotisme s’invite également dans cette exploration, à travers des figures féminines alanguies et des postures ambiguës.
Le concert des styles et des techniques – peintures, sculptures, photographies, installations – rend compte de la diversité des approches. On découvre aussi des pièces plus rares, comme des sculptures religieuses du Moyen Âge ou un autoportrait nocturne de Munch, qui enrichissent encore la réflexion.
En somme, « L’Empire du sommeil » invite à une déambulation entre conscience et oubli, où les artistes, au fil des siècles, n’ont cessé de scruter nos nuits pour mieux comprendre nos jours. Une exposition sensorielle, érudite et poétique, à découvrir à Paris cet automne.