Le lion d’or d’Arras décroché du beffroi pour une restauration exceptionnelle
Le lion d’or d’Arras décroché du beffroi pour une restauration exceptionnelle

Ce 14 juillet, jour de fête nationale, les regards étaient tournés vers le ciel à Arras. Pour la première fois depuis près d’un siècle, le lion d’or emblématique de la ville a été descendu du sommet de son beffroi dans une opération spectaculaire, prélude à une restauration en profondeur qui le tiendra éloigné pendant plus d’un an.

Une opération aérienne millimétrée pour décrocher l’emblème

Perché à 75 mètres de hauteur depuis 1929, le lion doré de 300 kg qui surplombe la place des Héros a quitté son trône ce lundi matin. Peu avant 10h, trois techniciens de la société Jarnias ont été déposés au sommet du beffroi par un hélicoptère de la SAF. Leur mission : désolidariser la sculpture de sa base, en sciant ses pattes et le tube de sa lance. Vers 10h10, solidement harnaché, le lion a été hélitreuillé dans les airs sous les yeux d’un public impressionné, avant d’être posé au sol en moins de dix minutes.

Emmaillotée pour éviter tout dommage pendant le vol, la statue a été installée sur un socle sécurisé sur la Grand’Place, où les habitants ont pu l’admirer de près jusqu’à 18h. Une scène inédite, d’autant plus marquante que l’animal n’avait plus foulé la terre ferme depuis près d’un siècle.

Un chantier à 150 000 euros pour sauver un symbole abîmé

Si cette opération spectaculaire a captivé le public, elle répond à une urgence patrimoniale. Après des décennies d’exposition au vent, à la pluie et au gel, le lion d’or présentait des signes inquiétants de détérioration. Il avait notamment déjà perdu sa queue il y a quelques années. C’est donc dans les ateliers de la société Socra, à Marsac-sur-l’Isle en Dordogne — la même entreprise qui a restauré les statues de Notre-Dame après l’incendie de 2019 — que la sculpture entamera une cure de jouvence.

La restauration, estimée à 150 000 euros, durera environ 18 mois. En attendant son retour au sommet prévu au printemps 2027, les Arrageois auront un peu de répit pour retrouver le lion dans sa forme originelle. En attendant, l’opération restera gravée dans les mémoires comme un moment fort de la vie patrimoniale de la ville.

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