L’ancienne propriété francilienne du couturier allemand, où il aimait créer et recevoir, sera vendue mardi lors d’une enchère notariale « à la bougie ».
Un lieu de création à l’écart de Paris
Le « Domaine de Voisins », situé à Louveciennes, dans les Yvelines, sera proposé aux enchères le 1er juillet prochain. Cette vaste propriété, acquise en 2010 par Karl Lagerfeld, avait été surnommée par le créateur « la villa en dehors de Paris ». Son prix de départ est fixé à 4,6 millions d’euros, un montant équivalent, selon l’étude Arias chargée de la vente, aux travaux engagés par Lagerfeld dans les lieux.
Composée de trois bâtisses sur un parc de deux hectares — la maison principale, une maison d’amis et une pool house — la propriété offre piscine, court de tennis et totale discrétion, grâce à une végétation dense et des murs d’enceinte. La maison principale, d’environ 600 m², aurait servi à la fois de lieu de réception et d’atelier. À l’étage, Lagerfeld avait installé son espace de travail, éclairé par des lumières très blanches, comme dans ses ateliers parisiens.
Si l’on ignore combien de temps il y a réellement vécu, plusieurs anecdotes circulent, notamment celle selon laquelle il n’y aurait dormi qu’une seule nuit, ou qu’il y aurait organisé une réception en l’honneur de la princesse Caroline de Monaco. « Il l’aimait vraiment beaucoup. Il l’appelait ‘la vraie version de lui-même’ », rapportait sa proche collaboratrice Amanda Harlech dans Vogue en 2021.
Un bien exceptionnel modernisé dans les moindres détails
La propriété, ancienne demeure du poète Leconte de Lisle et de la famille Rothschild au XIXe siècle, a fait l’objet d’importantes rénovations. D’après les notaires en charge de la vente, les moindres détails avaient été pensés par Lagerfeld, jusqu’à la peinture des prises électriques ou le choix d’extincteurs chromés pour s’harmoniser avec la décoration.
Bien que vide de mobilier aujourd’hui, la maison a autrefois accueilli les meubles de designers, affiches de collection et bibliothèques imposantes du créateur, comme l’ont révélé des photographies publiées par Marie Kalt et Patrick Mauriès. Une pièce aurait même été décorée à l’image de sa chambre d’enfant, avec des murs en tissu léopard.
Après avoir été laissée à l’abandon à la suite de la mort du couturier en 2019, la villa a été rachetée par une foncière en 2023, qui l’a entretenue avant de la remettre en vente. Selon le notaire Jérôme Cauro, elle suscite aujourd’hui l’intérêt de familles comme de sociétés du secteur événementiel. La vente se tiendra selon une méthode traditionnelle dite « à la bougie », où chaque enchère est rythmée par la combustion de deux bougies de quelques secondes.