L’Inde vient de récupérer un ensemble de pierres précieuses vieilles de plus de deux millénaires, considérées comme un trésor spirituel par la communauté bouddhiste. Le gouvernement indien a empêché in extremis leur vente aux enchères à Hong Kong, organisée par Sotheby’s, et a annoncé leur retour triomphal à New Delhi, où elles seront bientôt exposées au public.
Un symbole religieux et historique majeur retrouvé
Découvertes en 1898 dans le nord de l’Inde, alors sous domination britannique, ces gemmes étaient enfouies dans le village de Piprâwâ, situé non loin du lieu de naissance supposé de Bouddha. Elles avaient été mises au jour par William Claxton Peppe, un ingénieur britannique installé dans la région. Longtemps considérées comme des reliques à haute valeur spirituelle pour le bouddhisme, elles datent selon les experts du IIIe siècle avant notre ère.
Le Premier ministre Narendra Modi a salué leur retour mercredi 30 juillet sur le réseau social X (anciennement Twitter), qualifiant l’opération de « l’un des exemples les plus significatifs de rapatriement de notre patrimoine perdu ». Selon le ministère de la Culture, ces pierres représentent « l’héritage religieux et culturel inaliénable de l’Inde et de la communauté bouddhiste mondiale ».
Une vente stoppée net et des excuses exigées
La mise aux enchères de ces gemmes, prévue plus tôt cette année par la maison Sotheby’s, a suscité l’indignation des autorités indiennes. À l’issue de démarches diplomatiques et juridiques, la vente a été annulée. Le ministère de la Culture a exigé des excuses publiques ainsi que la divulgation de tous les documents prouvant la provenance des pierres.
Sotheby’s, de son côté, s’est félicitée d’avoir « facilité le retour des gemmes de Piprâwâ en Inde ». L’un des descendants de William Claxton Peppe a affirmé, dans un article publié par la maison de ventes, que son aïeul avait fait don de la majorité des pierres au gouvernement indien, ne conservant qu’une petite partie à titre personnel, transmise ensuite à sa famille.
Les pierres seront exposées dès cet été au Musée national de New Delhi, dans une présentation dédiée aux grandes découvertes archéologiques liées au bouddhisme.