C’était un 30 avril : la disparition d’Édouard Manet, précurseur de la peinture moderne
C’était un 30 avril : la disparition d’Édouard Manet, précurseur de la peinture moderne

Le 30 avril 1883, Édouard Manet s’éteint à Paris à l’âge de 51 ans, après plusieurs années de souffrance causée par une ataxie locomotrice, elle-même conséquence d’une syphilis contractée dans sa jeunesse. Celui que la critique avait longtemps rejeté s’impose désormais comme une figure incontournable de la peinture moderne.

Une jeunesse bourgeoise et un regard nouveau sur l’art

Né le 23 janvier 1832 dans une famille bourgeoise parisienne, Manet renonce à une carrière dans la marine pour se tourner vers la peinture. Il entre à l’atelier de Thomas Couture en 1850, puis s’émancipe rapidement des dogmes académiques. Inspiré par les grands maîtres exposés au Louvre, tels que Titien, Goya ou Vélasquez, il développe un style personnel, audacieux et frontal, rompant avec les conventions du Salon officiel.

Dès les années 1860, Manet choque et intrigue avec Le Déjeuner sur l’herbe (1863) et Olympia (1865), toiles où il dépeint des nus modernes dans des scènes apparemment classiques, mais avec un traitement de la lumière, de la couleur et de la composition résolument novateur. Il peint aussi des scènes de la vie contemporaine, des portraits, des marines et des natures mortes. S’il ne participe jamais aux expositions impressionnistes, il en fréquente les figures majeures – Monet, Degas, Morisot – et les soutient, tout en conservant sa propre voie.

Dernières œuvres, disparition et postérité éclatante

Affaibli par la maladie dès la fin des années 1870, Manet continue à peindre, mais adopte des formats plus réduits. Il réalise de nombreuses natures mortes – fleurs, asperges, fruits – et des portraits à l’huile ou au pastel. En 1881, il reçoit enfin la reconnaissance officielle avec la Légion d’honneur. L’année suivante, il peint Un bar aux Folies Bergère, sa dernière grande toile, chef-d’œuvre énigm

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