Biennale de Lyon 2026 : "Passer d'un rêve à l'autre", une 18e édition entre traboules et économie poétique
Biennale de Lyon 2026 : "Passer d'un rêve à l'autre", une 18e édition entre traboules et économie poétique

Du 19 septembre au 13 décembre 2026, Lyon accueillera la 18e édition de sa Biennale d’art contemporain, intitulée « Passer d’un rêve à l’autre ». Placée sous le commissariat de l’historienne de l’art australienne Catherine Nichols, aujourd’hui basée à Berlin et remarquée pour sa direction artistique de Manifesta 2022 au Kosovo, cette édition se déploiera dans dix lieux répartis dans toute la métropole lyonnaise, avec un budget global de huit millions d’euros. Plus de la moitié des œuvres présentées seront inédites, produites spécialement pour l’événement, et des artistes issus de 29 nationalités sont attendus. La manifestation, qui réunit habituellement près de 300 000 visiteurs à chaque édition, adopte un format légèrement resserré — trois mois au lieu de quatre auparavant — en raison d’un contexte budgétaire plus contraint et des spécificités techniques de certains sites.

Les traboules comme métaphore, Robert Filliou comme boussole

Pour construire son propos, Catherine Nichols a puisé dans la géographie même de Lyon. Les traboules — ces passages couverts typiquement lyonnais empruntés au XIXe siècle par les ouvriers de la soie pour transporter leurs tissus à l’abri des intempéries — constituent le fil conducteur de l’édition. La commissaire les définit devant la presse comme un « réseau labyrinthique d’espaces liminaires », une « architecture du seuil entre intérieur et extérieur, public et privé, lumière et ombre ». Elles incarnent la métaphore du cheminement et de la circulation des idées. Le titre de la Biennale s’inspire par ailleurs d’une pensée du philosophe Walter Benjamin sur les constructions imaginaires qui fondent nos sociétés — économiques, politiques — qu’il ne s’agit pas de dissiper mais de déplacer. L’artiste Robert Filliou (1926-1987) et son concept d' »économie poétique » — où les échanges débordent la valeur monétaire pour englober relations, récits et pratiques sociales — traversent également toute la réflexion de Nichols.

Trois sites principaux, une scène océanienne à l’honneur

Les trois lieux principaux de la Biennale structureront trois axes thématiques distincts : les Grandes Locos, ancien technicentre SNCF de 12 000 m², accueilleront des œuvres autour de « l’industriel » ; le macLYON, conçu par Renzo Piano, se concentrera sur « le relationnel » ; et le musée des Tissus et des Arts décoratifs, fermé depuis plusieurs années et qui rouvre exceptionnellement pour l’occasion, explorera « l’existentiel » à travers le prisme du textile, intimement lié à l’histoire économique lyonnaise. D’autres espaces complètent le parcours : traboule de la Cour des voraces, IAC de Villeurbanne, musée des Beaux-Arts, musée des Confluences, Fondation Bullukian, station de métro de la gare Part-Dieu et parking LPA Saint-Antoine. Parmi les artistes annoncés figurent Laure Prouvost, Pol Taburet, Mikhail Karikis, Archana Hande, Rose Frigière ou encore la Lyonnaise Léa Collet. Une place substantielle est accordée à la scène océanienne — Kaylene Whiskey, Timo Hogan, Jazz Money — que Nichols connaît bien et qui lui permet d’aborder la mémoire de la colonisation. Plus de la moitié des artistes sélectionnés sont des femmes.

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