À Roubaix, une fresque géante de la statue de la Liberté fait sensation jusqu’aux États-Unis
À Roubaix, une fresque géante de la statue de la Liberté fait sensation jusqu’aux États-Unis

Sur un ancien entrepôt nordiste, une œuvre engagée de la street-artiste néerlandaise Judith de Leeuw dénonce la politique de Trump. L’image, saisissante, devient virale outre-Atlantique.

Une œuvre monumentale au message politique fort

À Roubaix, dans le Nord de la France, une fresque de 15 mètres représente la statue de la Liberté le visage enfoui dans ses mains. Peinte en noir et blanc sur la façade d’un entrepôt désaffecté à l’occasion de l’URBX Festival, l’image, signée Judith de Leeuw, a été réalisée en six jours. Elle s’intitule La protestation silencieuse de la statue de la Liberté. L’artiste de 29 ans y exprime sa « peur du futur » et son indignation face aux dérives du second mandat de Donald Trump : politiques anti-migratoires, attaques contre les droits des femmes, censure culturelle ou encore brutalités policières.

Dans cette œuvre, la torche est absente, le symbole est inversé : la statue censée incarner la liberté détourne le regard. « Elle ne peut plus regarder ce qui se passe, elle est fatiguée », explique Judith de Leeuw à France 3. Un message d’autant plus percutant qu’il résonne à Roubaix, l’une des villes les plus pauvres de France, marquée par une forte diversité culturelle et sociale.

Un succès viral et une polémique inattendue

Le timing de l’œuvre a renforcé son retentissement : elle a été achevée la veille du 4 juillet, jour de l’Independence Day aux États-Unis. Relayée par des médias comme USA Today et CBS, la fresque a explosé sur les réseaux sociaux : plus de 18 millions de vues sur Facebook, des milliers de likes sur Instagram, et une vague de remerciements de la part d’Américains sensibles à son message.

Pourtant, l’engouement n’a pas été unanime. Des partisans de Trump y ont vu une attaque gratuite, tandis qu’une polémique est née autour de la possible inspiration d’une œuvre antérieure. Certains internautes ont pointé la ressemblance frappante avec Oh America, une gouache de 1987 réalisée par l’artiste libertaire britannique Gee Vaucher. Déjà utilisée comme mème anti-Trump en 2017, cette image montrait également la statue de la Liberté cachant son visage. Judith de Leeuw affirme, elle, n’avoir jamais vu cette œuvre auparavant, évoquant une coïncidence d’inspiration.

Malgré cette controverse, la fresque roubaisienne s’impose comme un puissant symbole de critique politique internationale. Elle rappelle aussi la force évocatrice du street art, capable de faire dialoguer les murs d’une ancienne cité industrielle avec les consciences du monde entier.

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