Des visions médiévales aux fictions contemporaines, l’institution parisienne retrace 2000 ans d’imaginaire apocalyptique à travers 300 œuvres rares et puissantes.
L’Apocalypse est-elle synonyme de fin ou de commencement ? À travers une exposition d’envergure inédite, la Bibliothèque nationale de France propose une plongée saisissante dans l’univers foisonnant de ce mot chargé d’angoisse mais aussi de promesse. Jusqu’au 8 juin 2025, le site François-Mitterrand accueille Apocalypse, première grande exposition consacrée à ce thème millénaire, qui dépasse les peurs pour interroger le sens profond du texte biblique et son influence sur les arts, du Moyen Âge à nos jours.
Du Jugement dernier à la Jérusalem céleste
Organisée en deux grandes sections, l’exposition débute avec Le Livre de la Révélation. Manuscrits enluminés, vitraux, tapisseries, gravures et tableaux y offrent une lecture éclairée du célèbre texte de Jean. Cette partie révèle comment, derrière les scènes de chaos et les visions de fléaux, se dessine un message de dévoilement et d’espérance : celui d’un monde spirituel à venir, la Jérusalem céleste. Loin d’être un récit de destruction, l’Apocalypse devient ici une promesse de transformation.
Au fil de la visite, les visiteurs croisent des trésors rares issus des collections de la BnF mais aussi d’institutions prestigieuses comme le Centre Pompidou, le musée d’Orsay, le British Museum ou encore le Victoria and Albert Museum. Parmi les quelque 300 pièces exposées : des œuvres de William Blake, Odilon Redon, Natalia Gontcharova, mais aussi de grands noms contemporains comme Otobong Nkanga, Miriam Cahn ou Anne Imhof.
Un miroir de nos catastrophes et de nos renaissances
La seconde section, intitulée Le temps des catastrophes, aborde la manière dont le récit apocalyptique a irrigué les arts à travers les siècles. Du sublime gothique aux visions expressionnistes, en passant par les photographies de guerre et les installations contemporaines, l’exposition montre à quel point ce thème continue d’exercer une fascination. Elle souligne aussi son actualité brûlante à l’heure des crises écologiques, sanitaires et géopolitiques.
Mais au-delà des images de fin du monde, l’exposition réserve une place majeure au Jour d’après. Cette idée d’un renouveau post-catastrophe inspire des artistes qui réenchantent l’apocalypse à travers des visions de résilience, de réinvention et de beauté. Une manière de revenir au sens originel du mot grec apokalypsis : révélation.
Entre érudition et émotion, cette exposition foisonnante propose un parcours autant spirituel qu’artistique. Une invitation à penser l’apocalypse autrement, comme un miroir de notre époque et de ses métamorphoses.