Les Houthis du Yémen ont affirmé mercredi que l’accord de cessez-le-feu conclu avec les États-Unis n’inclut en aucun cas Israël, suggérant que les attaques visant les navires liés à l’État hébreu dans la mer Rouge pourraient se poursuivre. Cette déclaration intervient au lendemain de l’annonce par le président américain Donald Trump d’un accord qui mettrait fin aux frappes américaines contre les Houthis en échange d’un arrêt des attaques contre les navires américains.
« L’accord n’inclut pas Israël d’aucune manière, sous aucune forme », a déclaré à Reuters Mohammed Abdulsalam, négociateur en chef des Houthis. Il a précisé que les Houthis respecteraient le cessez-le-feu tant que les États-Unis tiendraient parole. « Notre position est celle de la légitime défense, donc nous arrêterons [les attaques] », a-t-il ajouté, laissant entendre que les hostilités pourraient reprendre si les frappes américaines reprenaient ou si des intérêts israéliens étaient visés.
Médiatisé par le sultanat d’Oman, l’accord aurait pour but de calmer les tensions dans la région après des mois d’escalade. Aucun incident n’a été signalé depuis janvier concernant des attaques houthies contre des navires en mer Rouge. Mais malgré cet apparent apaisement, les Houthis n’excluent pas de viser des navires ou installations en lien avec Israël, dans le contexte de la guerre en cours à Gaza.
Depuis le 7 octobre 2023, date de l’attaque sanglante du Hamas contre Israël, les Houthis ont intensifié leurs tirs de missiles et de drones en direction d’Israël, tout en menaçant la navigation commerciale dans les eaux stratégiques du Moyen-Orient. En représailles, l’armée américaine affirme avoir lancé plus de 1 000 frappes dans le cadre de l’« opération Rough Rider », tuant des centaines de combattants et plusieurs chefs houthis.
Les tensions ont encore monté cette semaine après qu’un missile houthi est tombé à proximité de l’aéroport Ben Gourion, près de Tel-Aviv. En réponse, Israël a mené des frappes aériennes sur le port de Hodeidah et l’aéroport de Sanaa, marquant un durcissement de l’offensive israélienne contre le groupe yéménite soutenu par l’Iran.
Lors d’une rencontre avec le Premier ministre canadien Mark Carney, le président Trump a justifié la suspension des frappes : « Ils nous ont dit : ‘S’il vous plaît, ne nous bombardez plus et nous n’attaquerons pas vos navires.’ Et je les crois sur parole. » Mais les critiques montent quant aux conséquences humanitaires de cette campagne, notamment après une frappe américaine présumée sur un centre de migrants à Sanaa le 28 avril, qui aurait tué 68 personnes selon la télévision houthie.
L’Iran, principal allié des Houthis, a salué mercredi « la fin de l’agression américaine » au Yémen, remerciant Oman pour sa médiation. Mais pour de nombreux observateurs, la trêve pourrait s’avérer fragile, alors que les Houthis maintiennent leur hostilité déclarée envers Israël et que la guerre à Gaza, entrée dans son 20e mois, continue de provoquer des répercussions régionales majeures.