Les forces pakistanaises ont été placées en état d’alerte maximale lundi le long de la frontière avec l’Afghanistan, après une série d’échanges de tirs meurtriers entre les deux pays et la fermeture de plusieurs points de passage, a rapporté Reuters. Cette décision a entraîné la suspension complète du commerce frontalier, bloquant des dizaines de camions de part et d’autre de la ligne de démarcation.
Les tensions se sont intensifiées au poste-frontière de Chaman, dans la province pakistanaise du Baloutchistan, où des affrontements entre soldats pakistanais et afghans ont éclaté au cours du week-end. Ces violences ont conduit Islamabad à fermer temporairement plusieurs points de passage, provoquant d’importants embouteillages de poids lourds transportant des marchandises, du carburant et des denrées périssables.
Un haut responsable pakistanais de la sécurité a déclaré que les troupes avaient reçu l’ordre de “répondre avec fermeté à toute agression”, tout en maintenant un canal diplomatique ouvert pour tenter d’apaiser la situation. Du côté afghan, les autorités de Kaboul ont accusé le Pakistan d’avoir violé leur souveraineté et appelé à la réouverture immédiate des routes commerciales vitales pour l’économie du pays.
La frontière, longue de plus de 2 600 kilomètres, est régulièrement le théâtre de tensions liées à la sécurité, au passage de militants et aux échanges commerciaux. Les relations entre Islamabad et Kaboul se sont dégradées ces derniers mois, notamment à cause des accusations pakistanaises affirmant que le régime taliban abriterait des combattants du Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP), un groupe armé responsable de multiples attaques sur le sol pakistanais.
Dans ce contexte, le président américain Donald Trump a déclaré qu’il pourrait “intervenir pour aider à mettre fin au conflit”, affirmant que la stabilité régionale est “essentielle pour la sécurité mondiale”. Washington a déjà offert ses bons offices pour relancer le dialogue entre les deux voisins, sans qu’aucune médiation formelle n’ait encore été acceptée.
Alors que les négociations demeurent incertaines, les populations locales subissent les conséquences directes des tensions : commerces fermés, approvisionnements bloqués et flux de réfugiés en hausse. La fermeture prolongée de la frontière risque d’aggraver encore la crise humanitaire et économique dans les deux pays.