Les espoirs d’un règlement durable du conflit à Gaza s’amenuisent, et une partition de facto du territoire palestinien semble de plus en plus probable, selon plusieurs sources diplomatiques citées mardi.
Six responsables européens impliqués dans la mise en œuvre du plan américain ont confirmé à Reuters que l’initiative du président Donald Trump, censée établir un cessez-le-feu durable et une autorité de transition à Gaza, est aujourd’hui paralysée. Dans les faits, la reconstruction ne concerne plus que les zones contrôlées par Israël, qui occupe désormais plus de la moitié du territoire.
Depuis l’entrée en vigueur de la première phase du plan, l’armée israélienne contrôle environ 53 % de la bande côtière, incluant Rafah, une grande partie de la ville de Gaza et plusieurs zones agricoles. Le reste du territoire, dévasté, reste entre les mains du Hamas, où près de deux millions d’habitants survivent dans des camps de fortune.
Les discussions achoppent sur plusieurs points majeurs : Israël refuse toute implication de l’Autorité palestinienne, le Hamas refuse de désarmer, et aucun accord n’a été trouvé sur le déploiement d’une force multinationale censée remplacer les troupes israéliennes.
Face à cette impasse, des diplomates occidentaux redoutent que la « ligne jaune » — une zone tampon marquée par des blocs de ciment installés par Israël — devienne la nouvelle frontière séparant durablement deux Gaza distinctes. « Sans un engagement fort des États-Unis, cette séparation pourrait se figer pour des années », avertit un ancien responsable américain.
Sur le terrain, Israël a commencé à fortifier sa zone de retrait avec des postes avancés et des routes asphaltées, tandis que le Hamas tente de rétablir l’ordre dans les quartiers qu’il contrôle encore.
Des responsables européens et arabes plaident pour un retour de l’Autorité palestinienne à Gaza afin de relancer la reconstruction et d’éviter une division permanente. Mais Israël reste fermement opposé à cette option, et les pays du Golfe refusent de financer la reconstruction sans perspective politique claire.
Les coûts estimés pour rebâtir l’enclave s’élèvent à 70 milliards de dollars.
« Gaza ne doit pas devenir un no man’s land coincé entre la guerre et la paix », a prévenu la ministre britannique des Affaires étrangères, Yvette Cooper.
Toute partition durable du territoire compromettrait, selon les diplomates, la création d’un futur État palestinien unifié et prolongerait la crise humanitaire qui frappe déjà l’enclave.