L’Inde affirme avoir tué plus de 100 militants lors de frappes en territoire pakistanais
L’Inde affirme avoir tué plus de 100 militants lors de frappes en territoire pakistanais

NEW DELHI — Le chef des opérations militaires indiennes, le lieutenant-général Rajiv Ghai, a annoncé dimanche que les récentes frappes de l’Inde contre des positions situées au Pakistan et dans la partie pakistanaise du Cachemire avaient tué plus de 100 militants, dont des figures importantes de groupes armés. Ces attaques ont visé neuf infrastructures et camps d’entraînement, notamment ceux du groupe Lashkar-e-Taiba, tenu responsable par New Delhi de nombreuses attaques sur le sol indien.

« Nous avons pris l’ennemi totalement par surprise », a déclaré Ghai lors d’une conférence de presse à New Delhi, tout en qualifiant la riposte pakistanaise de « désorganisée et fébrile ». Les affrontements de la semaine dernière entre les deux puissances nucléaires ont été parmi les plus graves depuis des décennies. L’échange d’artillerie lourde, de missiles et de drones a coûté la vie à plusieurs dizaines de personnes.

Alors qu’un cessez-le-feu a été annoncé samedi, les deux pays continuent de se rejeter la responsabilité du déclenchement de la crise. Le Pakistan a nié avoir sollicité une trêve, affirmant que c’est l’Inde qui l’avait réclamée. Le porte-parole de l’armée pakistanaise, le lieutenant-général Ahmad Sharif, a déclaré que son pays avait visé 26 installations militaires indiennes en représailles aux frappes menées mercredi par New Delhi.

Sharif a précisé que la contre-attaque pakistanaise s’était voulue mesurée : aucun objectif civil n’aurait été visé, et seules des munitions à portée moyenne auraient été utilisées. Il a également promis que toute atteinte à la souveraineté du Pakistan serait accueillie par une réponse « décisive et globale ».

Les chiffres divergent quant aux pertes humaines : selon Ghai, 35 à 40 soldats pakistanais ont été tués contre cinq côté indien. Le Pakistan avance de son côté un bilan de 40 à 50 morts dans les rangs indiens. Des affrontements ont encore été signalés dans la nuit de samedi à dimanche, notamment dans la vallée de Neelum côté pakistanais, et dans la région de Poonch, en Cachemire indien.

Le président américain Donald Trump a été le premier à annoncer l’accord de cessez-le-feu, via un message sur sa plateforme Truth Social. Le Pakistan a exprimé à plusieurs reprises sa gratitude envers Washington pour sa médiation, tandis que New Delhi n’a pas encore commenté publiquement le rôle des États-Unis dans cette désescalade.

Les dirigeants militaires des deux pays doivent se parler lundi pour tenter de consolider l’accalmie. Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a salué l’accord comme une avancée positive et a appelé à un dialogue constructif pour traiter les différends de fond, en particulier la question du Cachemire, territoire revendiqué par les deux voisins depuis plus de 75 ans.

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