Outre-mer agricole sous perfusion européenne, entre soutien massif et impasses structurelles
Outre-mer agricole sous perfusion européenne, entre soutien massif et impasses structurelles

Indispensables à la survie de l’agriculture ultramarine, les financements européens peinent pourtant à corriger les fragilités du secteur. Dans un rapport publié lundi, la Cour des comptes européenne estime que les aides versées aux territoires ultrapériphériques compensent des handicaps majeurs – éloignement, insularité, dépendance aux importations – sans toutefois engager une transformation durable des modèles agricoles.

Chaque année, environ 650 millions d’euros sont mobilisés via le programme POSEI. Ce soutien permet de maintenir la compétitivité de certaines productions historiques, mais de manière inégale. Les filières banane et lait tirent leur épingle du jeu, quand d’autres, comme la canne-sucre, poursuivent leur déclin malgré l’addition de subventions européennes et nationales.

Banane et sucre, deux trajectoires opposées

La culture bananière capte à elle seule plus de 40 % des aides, concentrées entre quelques grands exploitants, un mécanisme qui limite la diversification agricole. Si les bananes antillaises restent présentes sur les marchés internationaux, c’est essentiellement grâce aux subventions, les marges étant absorbées par les intermédiaires. À l’inverse, la filière sucrière apparaît fragilisée : depuis la fin des quotas européens en 2017, la concurrence accrue a fait chuter les prix, au point que les aides dépassent parfois les revenus tirés des ventes.

Au-delà des déséquilibres entre filières, la Cour alerte sur des fragilités de fond : vieillissement des agriculteurs, pression environnementale et pratiques culturales peu renouvelées. Sans réorientation plus ambitieuse des aides, l’institution européenne s’interroge sur la capacité de l’agriculture ultramarine à rester viable à long terme, malgré un soutien financier jugé vital.

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