Le gouvernement sierra-léonais a renoncé aux poursuites, dont une accusation de trahison, contre l’ancien président Ernest Bai Koroma, mis en cause dans une tentative de coup d’État survenue en novembre 2023. La décision a été prise pour des raisons de santé.
Ernest Bai Koroma, 72 ans, est désormais libre de rentrer en Sierra Leone « au moment de son choix », selon les termes du ministre de l’Information Chernor Bah. Ce dernier a confirmé que le procureur général avait déposé une demande d’abandon des charges, invoquant l’état de santé de l’ancien chef d’État.
Koroma avait été mis en cause après la tentative de coup d’État du 26 novembre 2023, au cours de laquelle des hommes armés avaient pris d’assaut un arsenal militaire et plusieurs prisons, libérant près de 2 000 détenus. Une vingtaine de personnes avaient péri dans le soulèvement. L’ancien président a toujours nié toute implication dans ces événements.
Placé en résidence surveillée après son inculpation, Koroma avait pu quitter le pays grâce à un accord négocié par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao). Il vivait en exil au Nigeria depuis janvier 2024, où il recevait des soins médicaux.
Dans un communiqué publié mardi, l’ancien président a salué « la conviction durable que la paix, la justice et la réconciliation doivent toujours triompher de l’adversité ». Il a également remercié le président sierra-léonais Julius Maada Bio, son homologue nigérian Bola Tinubu et la Cédéao pour leur soutien.
Koroma avait dirigé la Sierra Leone pendant onze ans, jusqu’à l’élection de Julius Maada Bio en 2018. La tentative de coup d’État était survenue cinq mois après une élection contestée qui avait vu Bio réélu de justesse pour un second mandat. Son parti, l’All People’s Congress, avait rejeté les résultats, une position partagée par des observateurs internationaux qui avaient pointé un manque de transparence dans le décompte des voix.
En 2024, onze civils et vingt-quatre militaires avaient été reconnus coupables d’implication dans la tentative de coup d’État et condamnés à de lourdes peines de prison.
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