Une délégation du Mécanisme conjoint de vérification élargi s’est déployée lundi dans la province du Sud-Kivu, alors que Kinshasa et l’AFC/M23 se rejettent mutuellement la responsabilité de nouvelles exactions.
Des hélicoptères de l’ONU ont posé, lundi 24 août, une délégation du « Mécanisme conjoint de vérification élargi » (MCVE+) à Minembwe, localité des hauts plateaux du Sud-Kivu, théâtre d’affrontements intenses ces derniers mois. C’est la première fois que cette structure régionale se déploie sur le terrain pour contrôler le respect d’un cessez-le-feu entre l’armée congolaise et le groupe politico-militaire AFC/M23.
Le MCVE+ réunit des représentants de Kinshasa, du M23 et des observateurs issus des douze États membres de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL). Il a été mis sur pied en 2025 dans le cadre des négociations de Doha, conduites sous médiation qatarie. La mission doit également se rendre à Uvira, cité lacustre dont le M23 s’est retiré en janvier, ainsi que dans le territoire de Kalehe, où des combats ont été signalés ces dernières semaines, selon le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi.
Ce déploiement intervient au lendemain d’une annonce du gouvernement suisse : à l’issue de pourparlers tenus du 17 au 21 août à huis clos en Suisse, Kinshasa et l’AFC/M23 ont adopté une feuille de route pour les négociations de paix. Les deux parties ont convenu d’un mécanisme chargé d’évaluer les progrès et les manquements aux engagements pris à Doha. Des représentants des États-Unis, du Qatar, de la Suisse, de la Commission de l’Union africaine et du Togo, médiateur de l’UA, participaient à ces discussions.
Le contexte reste tendu. Lundi, le gouvernement congolais a condamné « les crimes et les graves violations des droits humains » imputés à l’AFC/M23, l’accusant d’avoir tué « plus de 300 personnes » en juin et juillet. Le porte-parole du groupe armé a répliqué sur X en accusant les forces gouvernementales d’avoir mené « une attaque meurtrière » à l’artillerie contre un village proche de Minembwe. Ces allégations croisées restent souvent invérifiables par des sources indépendantes.
L’est de la RD Congo est en proie à des conflits depuis plus de trente ans. L’AFC/M23, soutenu par le Rwanda et son armée, contrôle de vastes portions du Nord-Kivu et du Sud-Kivu depuis 2021. Un accord de paix signé en décembre entre Kinshasa et Kigali sous l’égide des États-Unis n’a pas mis fin aux combats. Le cessez-le-feu auquel les parties s’étaient engagées à Doha en juillet 2025 n’a jamais été véritablement respecté. Ni les autorités congolaises ni l’AFC/M23 n’ont officiellement réagi au déploiement du MCVE+.
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