L’épidémie d’Ebola qui frappe la République démocratique du Congo depuis mai continue de diviser les experts. Alors que Kinshasa affirme avoir passé le cap du pic à la mi-août, l’agence sanitaire de l’Union africaine maintient que rien ne permet de le confirmer.
Le désaccord est net entre les autorités sanitaires congolaises et Africa CDC, le bras sanitaire de l’Union africaine. Depuis la semaine dernière, le gouvernement de la République démocratique du Congo soutient que l’épidémie d’Ebola a atteint son point culminant à la mi-août et que la courbe s’infléchit désormais à la baisse. L’agence africaine, elle, refuse de valider cette lecture et considère que le pic n’est pas encore établi avec certitude.
Cette divergence d’appréciation survient alors que l’épidémie, apparue en mai, a déjà pris une ampleur sans précédent dans le pays. Plus de 6 000 cas confirmés et plus de 3 000 décès ont été recensés, ce qui en fait la vague la plus meurtrière jamais documentée en RDC depuis l’identification du virus en 1976.
La prudence d’Africa CDC traduit une réalité épidémiologique bien connue : confirmer un pic suppose d’observer une baisse soutenue et vérifiable du nombre de nouveaux cas sur plusieurs semaines consécutives, et non une simple stabilisation ponctuelle. Tant que cette tendance n’est pas solidement établie dans les données, toute annonce prématurée risque de relâcher les efforts de riposte sur le terrain.

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