La mortalité routière est repartie à la hausse en 2025 en France, selon le bilan provisoire communiqué vendredi 30 janvier par la Sécurité routière. Au total, 3 260 personnes ont été tuées en France métropolitaine, soit +2,1 % par rapport à 2024, tandis que les Outre-mer enregistrent 253 décès, en hausse de 6 %. Sur l’ensemble du territoire national, cela représente 3 513 morts.
Les autorités s’inquiètent aussi d’une aggravation des blessures graves. L’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR) estime à 16 600 le nombre de blessés graves, soit une progression de 4 % sur un an.
Le protoxyde d’azote pointé comme facteur aggravant
Dans un communiqué, la ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur, Marie-Pierre Vedrenne, dénonce une « réalité inadmissible » et souligne que de nombreux drames auraient pu être évités. Si les causes classiques restent présentes (alcool, stupéfiants, vitesse), la Sécurité routière insiste sur un phénomène en expansion : les accidents liés à « l’usage détourné du protoxyde d’azote », le « gaz hilarant », qualifié de fléau et érigé en priorité d’action pour 2026.
Les occupants de voitures restent les plus nombreux parmi les victimes, avec 1 563 tués (48 % des décès). Mais la hausse la plus spectaculaire concerne les engins de déplacement personnel motorisés, comme les trottinettes électriques : 80 morts, soit 35 de plus qu’en 2024.
Hausse inquiétante chez les jeunes victimes
Les usagers vulnérables sont également davantage touchés : 501 piétons ont été tués (+45) et 234 cyclistes (+10). À l’inverse, la mortalité des deux-roues motorisés recule avec 691 décès (-29).
Autre tendance jugée préoccupante : la mortalité progresse chez les plus jeunes. Le nombre d’enfants de 0 à 13 ans tués augmente, tout comme celui des 14-17 ans. Sur le plan géographique, les décès augmentent surtout hors agglomération et sur autoroute, tandis qu’ils diminuent légèrement en ville.