Disponible sur Canal+ depuis ce lundi 13 juillet, Prisoner est une série britannique en six épisodes créée par Matt Charman, scénariste nommé aux Oscars pour Le Pont des espions de Steven Spielberg, et réalisée par Otto Bathurst, connu pour Peaky Blinders et Black Mirror. Tahar Rahim y incarne Tibor Stone, tueur à gages devenu témoin protégé, qui doit être escorté jusqu’à son procès par la jeune agente pénitentiaire Amber Todd (Izuka Hoyle). Lorsque leur convoi est attaqué par des mercenaires, les deux personnages se retrouvent liés l’un à l’autre par des menottes et contraints de fuir ensemble, ignorant chacun si l’autre est un allié ou un adversaire. « C’était l’occasion pour moi de découvrir le genre de l’action, un registre que je n’avais encore jamais abordé et dans lequel j’ai pris beaucoup de plaisir », confie l’acteur de 45 ans.
Passé une journée entière menottés ensemble : une complicité « presque spirituelle »
Le tournage a contribué à forger la relation palpable entre les deux comédiens. Dans un entretien au Guardian, Tahar Rahim a raconté comment lui et Izuka Hoyle avaient passé des journées entières physiquement attachés l’un à l’autre, exactement comme dans la série, une expérience qu’il décrit comme « presque spirituelle », tant elle les a contraints à construire un lien de confiance inhabituel. Matt Charman a confié avoir écrit le personnage de Tibor en pensant spécifiquement à Tahar Rahim, convaincu que peu d’acteurs savent exprimer autant avec aussi peu de dialogues. Une grande partie de la série repose d’ailleurs sur les silences de l’acteur. La presse note que si le récit reste dans les codes classiques du genre sans renouveler profondément ses ressorts, le contrat est parfaitement rempli : action lisible, montage précis, rythme effréné du début à la fin.
Producteur exécutif pour la première fois, seize ans après Un prophète
Prisoner marque aussi un tournant discret dans la carrière de Tahar Rahim : c’est la première fois qu’il occupe le rôle de producteur exécutif sur une fiction de cette ampleur, lui donnant voix au chapitre sur les choix artistiques. « À chaque nouvelle version du scénario, je faisais part à Matt Charman de mon avis, et j’ai vraiment apprécié ce processus. J’ai toujours souhaité contribuer à ce que la vision artistique soit entendue », explique-t-il. Révélé en 2009 dans Un prophète de Jacques Audiard, l’acteur avait depuis enchaîné les productions internationales : la minisérie The Looming Tower, Désigné Coupable pour lequel il a décroché le Golden Globe du meilleur acteur dans un film dramatique, The Serpent et la série Extrapolations. Prisoner s’inscrit dans cette trajectoire ascendante, en ajoutant cette fois la casquette de producteur à celle d’interprète.
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