Le vol AF815 reliant Nairobi à Paris-Charles-de-Gaulle s’est transformé en drame dans la nuit du 22 au 23 février. Un nourrisson atteint d’une pathologie cardiaque lourde est décédé d’un arrêt respiratoire alors que l’appareil évoluait en croisière. Malgré l’intervention immédiate de l’équipage, la mobilisation de plusieurs médecins présents parmi les passagers et l’appui du Samu de Paris, l’enfant n’a pas pu être réanimé.
L’avion, parti la veille au soir du Kenya, devait atterrir vers 6 h 10 à Paris. Selon la compagnie, l’enfant voyageait pour recevoir des soins en France. Aucun détail n’a été communiqué sur la nature exacte de son affection ni sur l’établissement hospitalier prévu. Il était accompagné d’un proche dont l’identité n’a pas été rendue publique.
Procédure d’urgence et coordination médicale à distance
Dès le signalement de l’arrêt respiratoire, l’équipage a activé la procédure médicale d’urgence. Une liaison satellite a été établie avec la régulation du Samu de Paris, qui assiste les vols Air France partout dans le monde. Ce dispositif permet aux équipages de bénéficier en temps réel d’un avis spécialisé pour guider les gestes à effectuer et évaluer la nécessité d’un déroutement.
Un appel a été lancé en cabine afin d’identifier des professionnels de santé. Plusieurs médecins volontaires se sont manifestés et ont tenté une réanimation, sous la coordination des consignes transmises à distance. Les manœuvres sont restées vaines. Air France rappelle que cette chaîne d’assistance médicale est en place depuis la fin des années 1980. Elle vise à optimiser la prise en charge des incidents en vol et à limiter les déroutements lorsque ceux-ci ne sont pas indispensables.
Accord médical et décision de poursuivre le vol
Pour les passagers atteints de pathologies graves, la compagnie prévoit un dispositif d’accord médical. Le service médical d’Air France examine les situations présentant un risque vital ou nécessitant un équipement spécifique. La compagnie n’a pas précisé si un tel accord avait été délivré dans ce cas précis, se contentant d’indiquer que les protocoles sanitaires avaient été respectés.
En cas d’urgence vitale, la question du déroutement est évaluée conjointement par l’équipage, la régulation médicale et le contrôle aérien. Les règles internationales prévoient une priorité absolue à l’atterrissage lorsqu’un passager nécessite des soins immédiats. Le vol AF815 a toutefois poursuivi sa route jusqu’à Paris, où il s’est posé à l’horaire prévu. Cette décision laisse entendre que le décès avait été constaté avant l’arrivée et que la situation ne justifiait plus un changement de trajectoire. Ce drame rappelle la vulnérabilité particulière des passagers atteints de pathologies lourdes et la complexité des décisions médicales en vol long-courrier, loin de tout accès immédiat à un plateau technique hospitalier.