Nouveau rebondissement dans l’affaire Grégory. La cour d’appel de Dijon a déclaré prescrits les faits reprochés à Jacqueline Jacob, la grand-tante de Grégory Villemin. Cette décision met fin aux poursuites engagées contre l’octogénaire pour association de malfaiteurs en vue de commettre un crime, qualification retenue lors de sa mise en examen en octobre 2025. La défense soutenait depuis plusieurs mois que les faits étaient prescrits et demandait l’annulation de la procédure. La juridiction lui a donné raison sur ce point, empêchant désormais toute poursuite fondée sur cette qualification pénale.
Pourquoi Jacqueline Jacob était visée par la justice
Jacqueline Jacob est soupçonnée depuis plusieurs années d’avoir joué un rôle dans le dossier du petit Grégory, retrouvé mort le 16 octobre 1984 dans la Vologne, dans les Vosges, alors qu’il n’avait que quatre ans. Les juges la soupçonnaient notamment d’avoir été l’un des « corbeaux » ayant envoyé des courriers anonymes à la famille Villemin avant le meurtre et d’avoir rédigé la lettre revendiquant l’assassinat. Ces soupçons reposaient notamment sur des expertises graphologiques, des analyses stylométriques portant sur le style d’écriture et d’autres éléments recueillis au cours de l’information judiciaire. Jacqueline Jacob a toujours contesté toute implication.
Une qualification pénale désormais impossible à poursuivre
La décision de la cour ne porte pas sur la culpabilité ou l’innocence de Jacqueline Jacob. Elle concerne exclusivement la prescription de l’infraction retenue contre elle. En droit français, lorsqu’une infraction est prescrite, l’action publique ne peut plus être exercée. Les poursuites s’éteignent donc, même si les faits continuent d’être examinés sur le plan historique ou judiciaire. C’est précisément ce qu’ont retenu les magistrats en considérant que le délai légal permettant de poursuivre cette infraction était expiré.
Un dossier marqué par de multiples rebondissements judiciaires
L’affaire Grégory est l’une des plus longues et des plus complexes de l’histoire judiciaire française. Depuis plus de quatre décennies, elle a connu de nombreuses mises en examen, des annulations de procédures, des expertises contradictoires et plusieurs changements de magistrats. Jacqueline Jacob avait déjà été mise en examen en 2017 pour des faits beaucoup plus graves d’enlèvement et séquestration suivie de mort. Cette procédure avait toutefois été annulée en 2018 pour un vice de forme. En octobre 2025, elle avait de nouveau été mise en examen, cette fois pour association de malfaiteurs en vue de commettre un crime, ouvrant un nouveau chapitre judiciaire aujourd’hui refermé par la prescription des faits.
L’enquête n’est pas totalement refermée
Si cette décision met fin aux poursuites visant Jacqueline Jacob sous cette qualification, elle ne signifie pas automatiquement la clôture définitive de l’ensemble de l’affaire Grégory. Des investigations ont continué ces derniers mois, notamment autour d’expertises complémentaires portant sur les lettres anonymes et sur des traces génétiques encore inexploitées. Les magistrats poursuivent leurs recherches afin d’établir, autant que possible, les circonstances exactes de ce crime qui demeure, plus de quarante ans après les faits, l’un des plus grands mystères judiciaires français.