Les deux incendies qui frappaient la forêt de Fontainebleau depuis dimanche 12 juillet ont été fixés mardi soir. L’annonce a été faite par le préfet de Seine-et-Marne, Pierre Ory, après plus de deux jours d’une mobilisation exceptionnelle dans le massif. Les flammes ont parcouru environ 2 050 hectares de végétation, faisant de cet incendie l’un des plus importants observés depuis plusieurs décennies dans la moitié nord de la France.
Le terme « fixé » ne signifie pas que le feu est éteint. Les deux incendies ne progressent plus au-delà de leur périmètre, mais de nombreux foyers restent actifs à l’intérieur des zones touchées. « Fixés, ça veut dire qu’ils sont bloqués dans leur périmètre », a expliqué Pierre Ory. Les pompiers devront poursuivre leurs opérations pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines, pour noyer les points chauds, empêcher les reprises et surveiller les secteurs calcinés.
Plus de 850 pompiers mobilisés au cœur du massif
Plus de 850 sapeurs-pompiers, militaires de la Sécurité civile et personnels venus de plusieurs départements ont été engagés. Quatre Canadair ont effectué des rotations au-dessus du massif, une mobilisation aérienne inédite à cette échelle en Île-de-France. Les secours ont concentré leurs efforts sur les lisières, les routes forestières et les secteurs proches des habitations. La baisse du vent et l’amélioration des conditions météorologiques ont ralenti la propagation des flammes mardi. Plusieurs reprises ont néanmoins été constatées au cours de la journée. Le feu a continué à consumer des souches, des racines et des couches profondes du sol, rendant les opérations longues et difficiles. Des arbres fragilisés par les flammes peuvent également tomber sans avertissement, ce qui complique la progression des équipes au sol.
Deux incendies distincts dans la forêt
Le premier feu s’est déclaré dimanche après-midi près de l’autoroute A6. Il a rapidement gagné du terrain sous l’effet de la sécheresse, des températures très élevées et du vent. Environ 1 600 hectares ont été parcourus en quarante-huit heures. La progression du sinistre a entraîné la fermeture d’une partie de l’A6 et plusieurs évacuations préventives. Un second incendie a commencé lundi après-midi dans le secteur de la Faisanderie, à proximité de Fontainebleau. Ce foyer avait parcouru environ 450 hectares mardi à la mi-journée. Au total, près d’un millier de personnes ont été évacuées ou mises à l’abri depuis le début des opérations.
Un pompier volontaire reconnaît avoir utilisé un briquet et de l’essence
Parallèlement au combat contre les flammes, plusieurs enquêtes ont été ouvertes pour déterminer l’origine des différents départs de feu. Six personnes ont été placées en garde à vue. Parmi elles figure un homme né en 2007, pompier volontaire à Fontainebleau et sans antécédent judiciaire. Confronté aux premiers éléments réunis par les enquêteurs, il a reconnu avoir mis le feu à des brindilles lundi 13 juillet à Arbonne-la-Forêt. Il a déclaré avoir utilisé un briquet et de l’essence. Sa garde à vue a été prolongée. Les investigations doivent désormais déterminer précisément l’étendue du feu provoqué et établir son éventuel lien avec les différentes zones incendiées.
Un second homme reconnaît un départ de feu provoqué par une cigarette
Un autre homme, également né en 2007 et sans antécédent judiciaire, a reconnu avoir accidentellement déclenché un incendie en jetant une cigarette au niveau du Grand Parquet, près de la Faisanderie. Aucun lien n’a été établi entre les deux hommes. Leurs gardes à vue ont été prolongées.
Un homme né en 1975 a aussi été entendu après plusieurs départs de feu constatés à Arbonne-la-Forêt et à Fontainebleau. Il n’était pas connu de la justice. Un autre suspect, né en 2005 et déjà connu pour des faits routiers, a été placé en garde à vue au commissariat de Fontainebleau pour un départ de feu près de la Faisanderie.
Deux personnes ont par ailleurs été interpellées dans l’enquête concernant le premier incendie, déclaré dimanche près de l’A6. Les enquêteurs vérifient la possibilité d’un départ de feu lié à des travaux réalisés à proximité immédiate de l’autoroute. Plusieurs témoins ont été auditionnés et des prélèvements ont été effectués sur les différents sites. Toutes les hypothèses, accidentelles comme volontaires, restent examinées.
Deux gardes à vue levées faute d’éléments suffisants
Mardi après-midi, deux des six gardes à vue ont été levées. La procureure de la République de Fontainebleau, Diane Ngomsik, a indiqué que les enquêteurs ne disposaient pas d’éléments suffisants pour maintenir ces deux personnes en garde à vue. Les autres investigations continuent sous l’autorité du parquet.
Les constatations sur certaines zones ne pourront être réalisées qu’après leur sécurisation complète. La chaleur du sol, les fumées, les arbres fragilisés et la présence de foyers résiduels empêchent encore les enquêteurs d’accéder à l’ensemble des secteurs touchés.
Une pollution de l’air très forte autour des zones brûlées
Les incendies ont également provoqué une importante pollution de l’air dans le sud de l’Île-de-France. Les concentrations de particules ont atteint des niveaux très élevés à proximité des foyers. Les fumées ont été poussées vers plusieurs communes voisines, tandis qu’une odeur de brûlé a été signalée à plusieurs dizaines de kilomètres du massif.
La progression des flammes est désormais stoppée, mais le danger n’a pas disparu. Les pompiers vont continuer à arroser les sols, contrôler les lisières et rechercher les foyers dissimulés sous les souches et les racines. La surveillance restera renforcée dans toute la forêt de Fontainebleau, alors que les températures élevées et la sécheresse maintiennent un risque important de nouveaux départs de feu.