Deux pétroliers sont entrés en collision mardi au large des côtes des Émirats arabes unis, dans une zone maritime stratégique à proximité du détroit d’Ormuz, avant de prendre feu. Aucun blessé n’a été signalé et aucun déversement de pétrole n’a été constaté, selon les autorités locales et les propriétaires des navires.
L’incident est survenu alors que le contexte régional reste particulièrement tendu en raison des échanges de missiles entre l’Iran et Israël depuis vendredi. Ces affrontements ont généré un nombre croissant d’interférences électroniques affectant les systèmes de navigation maritime, selon des sources militaires occidentales. Le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial, est considéré comme l’un des points de passage les plus sensibles au monde.
L’un des navires impliqués, l’Adalynn, un pétrolier de type Suezmax appartenant à la société indienne Global Shipping Holding Ltd, ne transportait pas de cargaison au moment de la collision. Il naviguait en direction du canal de Suez. Les garde-côtes des Émirats arabes unis ont évacué 24 membres de son équipage vers le port de Khor Fakkan.
Le second navire, le Front Eagle, transportait quant à lui deux millions de barils de pétrole brut irakien à destination de Zhoushan, en Chine. Son propriétaire, la société norvégienne Frontline, a indiqué que l’ensemble de l’équipage était sain et sauf et qu’aucune pollution n’avait été constatée malgré un incendie localisé sur le pont.
Selon les données du service de suivi maritime TankerTrackers.com, le Front Eagle naviguait vers le sud à une vitesse de 13,1 nœuds lorsqu’il a viré brusquement à tribord, heurtant l’arrière bâbord de l’Adalynn qui avançait lentement vers le sud-est. Les circonstances exactes de la manœuvre restent à éclaircir.
La collision survient dans un contexte de forte instabilité dans le Golfe. Le Centre d’information maritime JMIC, affilié à une coalition navale dirigée par les États-Unis, a récemment signalé des cas d’interférences électroniques dans la région, notamment près du port iranien de Bandar Abbas. L’Iran, qui a menacé à plusieurs reprises de bloquer le détroit d’Ormuz en réponse aux sanctions occidentales, n’a pas commenté l’incident.
Les autorités émiraties et les responsables du port de Khor Fakkan n’ont pas encore réagi publiquement. Pour l’heure, le trafic maritime dans la région ne semble pas avoir été perturbé, mais l’événement souligne à nouveau la fragilité de cette artère énergétique mondiale.