Le parquet anticorruption espagnol a requis une amende de plus de 200 millions de dollars contre la banque BBVA, dans le cadre d’une vaste affaire d’espionnage présumé qui a secoué le monde économique du pays.
Selon un document consulté par Reuters, les procureurs demandent une sanction de 181,8 millions d’euros, accusant l’établissement bancaire d’avoir eu recours à des pratiques illégales via une agence d’investigation privée.
Cette enquête s’inscrit dans un dossier plus large portant sur les activités de l’ancien commissaire de police José Manuel Villarejo, dont l’agence aurait été sollicitée par plusieurs grandes entreprises espagnoles entre 2004 et 2016 pour mener des opérations controversées, notamment de surveillance et de collecte d’informations sensibles.
L’affaire, ouverte en 2019, a fortement entaché la réputation de plusieurs groupes, même si son impact financier direct reste limité à ce stade. Concernant BBVA, certains anciens dirigeants sont visés par l’enquête, mais aucun membre actuel du conseil d’administration n’est impliqué.
La banque s’est refusée à tout commentaire après les réquisitions du parquet. Elle a toutefois déjà reconnu avoir fait appel à l’agence dirigée par Villarejo, tout en affirmant n’avoir trouvé aucune preuve d’activités d’espionnage. Dans son rapport annuel 2025, BBVA soutient par ailleurs que les faits examinés ne sauraient engager sa responsabilité pénale.
Outre l’amende, le parquet a également requis des peines de prison à l’encontre de certaines personnes impliquées, dans une affaire qui pourrait marquer un tournant dans la régulation des pratiques des grandes entreprises en Espagne.
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