À quelques semaines des élections législatives prévues le 12 avril, le Premier ministre hongrois Viktor Orban intensifie sa stratégie numérique en mobilisant activement ses soutiens sur les réseaux sociaux pour défendre son bilan et contrer l’opposition.
Le dirigeant nationaliste a lancé début mars un « défi numérique de 40 jours », appelant ses sympathisants à consacrer quotidiennement du temps à relayer ses messages en ligne. L’objectif : amplifier la visibilité de son parti, le Fidesz, face à la montée de son principal rival, Peter Magyar, leader du parti de centre-droit Tisza, actuellement en tête dans les sondages.
Cette mobilisation s’appuie sur une base militante souvent âgée, invitée à devenir de véritables « combattants numériques » en partageant publications et commentaires, notamment sur Facebook, plateforme dominante en Hongrie.
Cette stratégie intervient dans un contexte de transformation du paysage politique en ligne. Depuis octobre, des géants du numérique comme Meta et Google ont suspendu la publicité politique payante en raison de nouvelles règles européennes, privant le Fidesz d’un levier de communication majeur.
Face à ces restrictions, le camp Orban mise désormais sur une diffusion organique des contenus, reposant sur l’engagement direct de ses sympathisants. Certains observateurs estiment que la Hongrie pourrait ainsi devenir un laboratoire pour de nouvelles formes de campagne numérique sans publicité payante.
Pour les partisans du Premier ministre, l’enjeu est clair : faire basculer l’élection sur le terrain numérique. « L’élection se décidera sur Facebook », affirme l’un d’eux, illustrant l’importance stratégique prise par les réseaux sociaux dans cette campagne.
Dans un scrutin qui s’annonce serré, cette bataille en ligne pourrait jouer un rôle déterminant dans l’issue du vote et reflète l’évolution des campagnes politiques à l’ère numérique.