Le premier ministre canadien Mark Carney a interrompu les négociations commerciales avec Washington après l’apparition de nouvelles exigences américaines concernant la culture francophone. Les États-Unis auraient remis en cause les subventions accordées aux productions québécoises, la visibilité des médias francophones sur Internet et l’obligation d’afficher les informations en anglais et en français sur les produits commercialisés au Canada. Pour Ottawa, ces mesures relèvent de droits culturels fondamentaux qui ne peuvent pas être négociés comme de simples obstacles commerciaux.
Washington critique notamment les obligations imposées aux grandes entreprises technologiques américaines afin qu’elles participent au financement et à la promotion des contenus canadiens. Le négociateur américain Jamieson Greer estime que ce système oblige les plateformes à reverser une partie de leurs revenus à leurs concurrents locaux. Mark Carney avait pourtant renoncé en juillet à une taxe de 5 % visant les diffuseurs numériques américains, sans parvenir à résoudre le désaccord sur l’exception culturelle.
Une décision largement soutenue au Québec
Le refus de Mark Carney bénéficie d’un soutien massif dans la province francophone. Selon une étude de l’institut Angus Reid, 85 % des Québécois considèrent que la rupture des négociations était la bonne décision. Plus de trois habitants sur quatre utilisent principalement le français au Québec, où la protection de la langue demeure un enjeu politique central. Cette position permet aussi au premier ministre canadien, parfois critiqué pour son français hésitant, de renforcer sa crédibilité auprès de l’électorat québécois.
La première ministre du Québec, Christine Fréchette, assure que l’identité de la province ne se négocie pas, à quelques semaines d’élections législatives dominées dans les sondages par un parti indépendantiste. Le différend a également provoqué des réactions en France, Jean-Luc Mélenchon appelant Paris à soutenir le Canada et le Québec face à Donald Trump. Derrière le conflit tarifaire se joue donc une bataille plus profonde sur la capacité d’un pays à protéger sa langue et sa culture face à la puissance économique des plateformes américaines.
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