Le cessez-le-feu entré en vigueur entre Israël et le Hezbollah a mis fin aux combats à grande échelle au Liban, mais il n’a pas apporté le soulagement espéré à des dizaines de milliers de personnes toujours déplacées. Pour beaucoup, le retour reste impossible en raison des destructions causées par la guerre et de la présence persistante de l’armée israélienne dans certaines zones du sud du pays.
Parmi eux figure Hussein Merhi, un ancien agriculteur de 39 ans originaire de la ville frontalière de Kfar Kila. Réfugié avec sa famille dans une université transformée en centre d’accueil à Saïda, il explique ne pouvoir regagner son village, aujourd’hui largement détruit et toujours situé dans une zone occupée. « Nous avons été déplacés, et nous allons le rester. Il y a un cessez-le-feu — qu’est-ce que j’y ai gagné ? », confie-t-il.
Le conflit a provoqué le déplacement de plus de 1,2 million de personnes, soit près d’un habitant sur cinq au Liban. Si une grande partie des déplacés a pu rentrer après la fin des hostilités, de nombreux habitants des régions les plus touchées demeurent sans solution durable, leurs maisons ayant été détruites ou leur localité restant inaccessible.
Selon Reuters, l’offensive israélienne lancée au début du mois de mars faisait suite à des tirs du Hezbollah contre Israël en soutien à l’Iran. Au fil des opérations militaires, l’armée israélienne a ordonné l’évacuation de vastes secteurs du sud du Liban, mais aussi de certaines zones de l’est du pays et des environs de Beyrouth, parfois éloignées des lignes de front.
À Beyrouth, de nombreuses familles vivent encore sous des tentes ou dans des abris de fortune. Le conseil municipal estime que ces campements doivent être progressivement démantelés, tandis que les autorités libanaises se préparent à gérer une crise de déplacement qui pourrait s’inscrire dans la durée.
Pour les personnes déplacées, la fin des combats ne signifie donc pas un retour à la normale. Tant que les destructions ne seront pas réparées et que certaines zones resteront inaccessibles, des milliers de Libanais continueront de vivre loin de leur foyer, malgré la trêve.
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