Alerte Ebola en RDC : plus de 30 morts dans un camp de déplacés, les autorités redoutent une propagation rapide
Alerte Ebola en RDC : plus de 30 morts dans un camp de déplacés, les autorités redoutent une propagation rapide

Une inquiétude grandissante entoure l’épidémie d’Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo après la mort d’au moins 30 personnes dans un camp de déplacés civils de la région de Bunia. Les responsables locaux et les organisations humanitaires craignent que le virus ne se propage rapidement au sein de cette population particulièrement vulnérable.

Les décès ont été enregistrés depuis le début du mois de mai dans le camp de Kigonze, situé à Bunia, l’épicentre actuel de l’épidémie. Selon les responsables du camp, un tel niveau de mortalité n’avait jamais été observé auparavant. Les symptômes signalés chez plusieurs victimes sont compatibles avec ceux d’Ebola, ce qui alimente les craintes d’une transmission active de la maladie.

Toutefois, les autorités sanitaires n’ont pas encore pu confirmer les causes exactes des décès. Jusqu’à jeudi, de nombreuses familles ainsi que certains malades avaient refusé les tests de dépistage, aussi bien sur les personnes vivantes que sur les corps des défunts, selon des responsables du camp et l’organisation humanitaire Caritas.

Ce refus complique considérablement les efforts de surveillance et de contrôle de l’épidémie. Les équipes médicales peinent à identifier les chaînes de transmission et à mettre en place les mesures d’isolement nécessaires pour empêcher une propagation plus large du virus.

La situation est aggravée par les difficultés humanitaires auxquelles fait face la région. Des données des Nations unies indiquent que les financements consacrés à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène en République démocratique du Congo ont chuté de plus de moitié en 2025. Or, ces services sont essentiels pour lutter contre la propagation des maladies infectieuses.

Par ailleurs, plusieurs programmes d’aide financés par les États-Unis dans trois provinces touchées par Ebola ont été réduits, limitant davantage les capacités de réponse sur le terrain. Les organisations humanitaires craignent que cette baisse des ressources ne fragilise les efforts de prévention et de prise en charge des malades.

Alors que les autorités sanitaires tentent d’obtenir une meilleure coopération des habitants du camp, la situation à Kigonze est suivie de près par les acteurs de la santé publique. Une confirmation de la présence du virus parmi les victimes pourrait signaler une accélération préoccupante de l’épidémie dans une région déjà confrontée à des défis humanitaires majeurs.

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