EXCLU - Shakira, star de la Coupe du monde : "Dès 10 ans, je savais que j’allais vivre de la musique." (Photo : Instagram Shakira)
EXCLU - Shakira, star de la Coupe du monde : "Dès 10 ans, je savais que j’allais vivre de la musique." (Photo : Instagram Shakira)

Par Jérôme Goulon.

Shakira est l’une des grandes stars de la Coupe du monde 2026. Son titre Dai Dai, hymne musical de cette édition, résonne dans les stades au début de chaque rencontre. La chanteuse colombienne a lancé la compétition en participant à la cérémonie d’ouverture organisée à Mexico, puis a suivi le tournoi depuis les tribunes, où elle a assisté à plusieurs matches en compagnie de ses fils, attirant tous les regards. Shakira retrouvera la scène ce dimanche, à l’occasion de la finale entre l’Espagne et l’Argentine. Vingt ans après sa première apparition lors d’un Mondial en 2006 en Allemagne et 16 ans depuis son fameux Waka Waka, la chanteuse, qui a accompagné quatre éditions de la compétition et plusieurs générations de supporters, confirme ainsi la place particulière qu’elle occupe dans l’histoire de la Coupe du monde. Une longévité et une popularité exceptionnelle. À Entrevue, nous avons eu la chance d’interviewer la star à plusieurs reprises. Une star qui s’exprime sans filtre, avec une franchise et un naturel qui expliquent pourquoi elle séduit autant le public du monde entier. Alors que la Coupe du monde touche à sa fin, (re)découvrez l’interview culte que nous avions réalisée avec Shakira. Du très lourd !

Entrevue : Vous êtes une star internationale alors que vous êtes née dans une petite ville de Colombie…
Shakira : Oui, je sais, c’est vraiment exceptionnel ! (Rires) Mais j’avais un certain talent pour chanter et, dès l’âge de 10 ans, je savais que j’allais vivre de la musique. Ma famille croyait énormément en moi. Mon père n’a pas hésité à utiliser tout son argent pour produire mes premiers albums. Je me rappelle que lorsque je leur ai dit que je voulais devenir une chanteuse à succès, ils étaient aussi excités que moi ! (Rires)

Ce n’était pas forcément une époque facile pour vous…
Non. L’un de mes plus mauvais souvenirs est la faillite de mes parents. Leurs bijouteries ont été cambriolées et, en plus, mon père était associé à un escroc et en a été victime. J’ai souvent dit que mon père est le seul Libanais au monde incapable de négocier quoi que ce soit ! (Rires)

C’est depuis ce temps-là que vous ne portez pas de bijoux ?
Oui, c’est vrai. Je déteste les bijoux, je trouve cela incroyablement prétentieux d’en porter. Enfin, en Colombie, c’est le cas. Parader avec de beaux bijoux et passer devant un mendiant qui n’a pas mangé de la journée, c’est créer un contraste dramatique. Tout cela n’est vraiment pas nécessaire.

Revenons à votre carrière. Est-il vrai que vous avez chanté dans le couloir d’un hôtel devant un responsable de Sony pour décrocher votre premier contrat ?
(Rires) A peu de chose près, c’est ce qui s’est passé. Sachant que le type de Sony séjournait dans un hôtel pas loin de chez moi, j’ai pris mon poste de radio et mon courage à deux mains. J’avais seulement 13 ans et c’était une occasion en or pour débuter sérieusement dans le métier. Il a dû halluciner, mais ça a marché ! (Rires) Grâce à mon culot, j’ai décroché un contrat pour trois albums !

Vous avez tout de suite connu le succès ?
Pas vraiment. J’ai eu un petit succès avec un de mes titres, mes deux premiers albums ont fait un flop, et ma maison de disques m’a mis la pression. Ils étaient à deux doigts de me virer. Du coup, j’ai bossé comme une malade, j’ai traversé toute l’Amérique du Sud pour promouvoir mon nouveau CD dans les radios et j’ai décroché le jackpot. J’ai cartonné jusqu’aux Etats-Unis, j’étais très fière.

« Pendant longtemps, j’ai eu du mal à m’accepter, même lorsque je suis devenue une artiste reconnue. »

Vous êtes aussi connue pour être un sex-symbol. Vous avez toujours su que votre beauté allait vous aider dans votre réussite ?
Non. Pendant longtemps, j’ai eu du mal à m’accepter, même lorsque je suis devenue une artiste reconnue. Et puis un jour, Un jour, je me suis vue dans le miroir et je me suis dit que j’avais besoin de changer. J’ai d’abord teint mes cheveux en rouge, puis en blond… Cela dit, de 20 à 30 ans, j’ai beaucoup souffert parce que je trouvais que j’étais trop petite, mes jambes pas assez longues et que j’étais trop grosse… C’était pas la grande forme ! (Rires)

C’est vraiment étonnant !
Je ne suis pas une extraterrestre ! (Rires) C’est le genre de choses à laquelle une grande majorité des femmes est confrontée. Heureusement, j’ai réalisé que je suis physiquement pas mal lotie et que je peux être très séduisante !

Au final, vous avez l’impression de tout devoir à votre physique ?
Non. Je considère toujours que le physique et l’apparence sont accessoires. Et c’est peut-être parce que je pense ça que je peux durer. C’est vrai que les gens qui voient mes clips ne savent peut-être pas que la « minette » qui danse est aussi celle qui compose…

Dans l’un de vos albums, vous compariez vos seins à des montagnes…
J’adore me moquer de moi-même. L’autodérision est quelque chose de merveilleux. Je ris de mes frustrations, de mes complexes, de mes vices, de ma vertu. C’est une thérapie assez personnelle !

Vous avez des complexes ?
Non, je ne suis pas le genre de fille à croiser les bras pour cacher mes seins ! (Rires) Mais j’ai déjà rêvé d’avoir une plus grosse poitrine.

Les Sud-Américaines aiment les fesses rebondies. Et vous ?
(Rires) C’est vrai que les filles d’Amérique latine adorent ça. C’est un critère de beauté. Elles sont prêtes à tout pour avoir de belles fesses bien rondes. Moi, j’en ai assez pour pouvoir m’asseoir dessus, j’aime mes fesses ! Je les aime telles qu’elles sont. Mais j’en prends soin.

Justement, qu’a pensé votre famille et vos proches de vos vidéos sexy ?
(Rires) Il est arrivé parfois que ma famille soit choquée par les tenues que je portais dans mes vidéos. Mais je pense qu’elle a été très surprise de voir que je pouvais enfin faire le grand écart car je n’avais pas trop de vêtements sur moi ! (Rires) Je dois avouer que le fait d’avoir sculpté mon corps est un plus non négligeable.

Quelle est votre réaction face à certaines critiques qui disaient que vos vidéos ou vos concerts sont trop « sexualisés » ?
Je ne les comprends pas. Quand je danse sur scène, je me sens libre. Et la liberté peut être psychologique, sexuelle et politique. Mon corps est l’expression visible de l’énergie que je mets dans ma musique. Je ne danse pas pour être sexy mais pour exprimer mes émotions.

« La scène reste un bonheur tellement immense que je ne pourrais jamais arrêter ! »

C’est un travail quotidien de garder un corps aussi tonique ?
Je m’entretiens mais, quand je suis en tournée, je n’en ai pas besoin tant l’effort physique est intense. La scène reste un bonheur tellement immense que je ne pourrais jamais arrêter !

Quelle est la recette de votre incroyable longévité ?
Si je la connaissais, je la vendrais pour me faire encore plus d’argent ! En fait, j’ai toujours travaillé dur depuis le jour où j’ai décidé de devenir chanteuse. Comme je vous le disais, depuis toute petite, je crois en ma destinée, j’ai toujours su que j’allais être une personnalité publique.

Donc vous n’avez pas été surprise de votre succès ?
Je trouvais ça tellement naturel que je n’étais pas surprise quand j’entendais mes chansons à la radio. Même à 13 ans !

Aujourd’hui, les adolescentes sont sexy de plus en plus tôt. Qu’en pensez-vous ?
Il n’y a pas de mal à ça. Il n’y a rien de méchant à ce que des filles souhaitent être séduisantes ! Elles découvrent simplement les petites femmes qui sont en elles. C’est normal. Et je préfère ça aux garçons manqués. Maintenant, être sexy n’est pas la même chose qu’être sensuelle, et être sensuelle est différent d’être sexuelle…

Quand on est une superstar mondiale comme vous, ça n’a pas toujours dû être facile de cacher votre vie privée…
C’est vrai que c’est difficile, mais ce n’est pas une raison pour l’étaler au grand jour ! Agir comme cela est le seul moyen pour acquérir une respectabilité. Je montre ce que je veux bien montrer… et c’est déjà beaucoup !

Une archive culte : Shakira avec un numéro d’Entrevue, en 2007, juste après une interview avec la star

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