Ankara appelle au dialogue entre Damas et les FDS, tout en brandissant la menace d’une action militaire (AP)
Ankara appelle au dialogue entre Damas et les FDS, tout en brandissant la menace d’une action militaire (AP)

La Turquie a exhorté jeudi à des pourparlers pacifiques entre le gouvernement syrien et les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, tout en avertissant que la patience des acteurs régionaux atteignait ses limites. Le message a été porté par le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, dans un contexte de tensions persistantes dans le nord de la Syrie.

Ankara affirme ne pas souhaiter recourir à une nouvelle opération militaire contre les FDS, mais juge que les retards dans la mise en œuvre d’un accord d’intégration alimentent l’instabilité. « Nous espérons que les choses se régleront par le dialogue, les négociations et de manière pacifique. Nous ne voulons pas qu’il soit nécessaire de recourir à la force militaire », a déclaré Hakan Fidan, tout en soulignant que la patience « s’épuise ».

Le ministre a insisté sur la nécessité pour les FDS de respecter pleinement l’accord conclu le 10 mars, qui prévoit leur intégration selon des modalités définies. « Ils doivent arriver à un point où leur engagement envers cet accord sera respecté, sans délai et sans déformation », a-t-il ajouté, mettant en garde contre toute tentative de s’en écarter.

La Turquie considère les FDS comme liées au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qu’elle qualifie d’organisation terroriste, et a mené par le passé plusieurs opérations militaires en Syrie pour contenir leur influence le long de sa frontière. Ces dernières années, Ankara a toutefois multiplié les signaux en faveur d’une solution négociée, sous réserve de garanties sécuritaires.

Les déclarations de Hakan Fidan interviennent alors que les équilibres régionaux restent fragiles, entre présence de forces étrangères, rivalités locales et processus politiques inachevés. Les retards évoqués par Ankara ravivent les craintes d’une escalade si aucun progrès tangible n’est enregistré.

En appelant à un règlement pacifique tout en rappelant ses lignes rouges, la Turquie cherche à maintenir la pression sur les FDS et leurs partenaires. L’issue dépendra désormais de la capacité des parties à traduire leurs engagements en actes, afin d’éviter un nouveau cycle de violences dans une région déjà éprouvée.

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