Romain Mauffrey signe son premier roman en reconstituant, heure par heure ou presque, le mois fatidique de juillet 1914, du 28 juin au 28 juillet, entre l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand à Sarajevo et la déclaration de guerre austro-hongroise à la Serbie. Sur la couverture des Hommes de juillet, trois silhouettes se détachent sur un ciel […]

Un roman retrace les trente jours qui ont précipité le monde dans la guerre
Un roman retrace les trente jours qui ont précipité le monde dans la guerre

Romain Mauffrey signe son premier roman en reconstituant, heure par heure ou presque, le mois fatidique de juillet 1914, du 28 juin au 28 juillet, entre l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand à Sarajevo et la déclaration de guerre austro-hongroise à la Serbie.

Sur la couverture des Hommes de juillet, trois silhouettes se détachent sur un ciel bleu : Raymond Poincaré, président de la République française, François-Joseph Ier, empereur d’Autriche et roi de Hongrie, et le tsar Nicolas II. Ce sont ces trois souverains, entourés de quelques figures secondaires mais décisives, que Romain Mauffrey a choisi de placer au centre de son récit.

Le casting est soigné. On y croise René Viviani, président du Conseil, ami du socialiste Jean Jaurès et coureur de jupons notoire ; Maurice Paléologue, ambassadeur de France en Russie, décrit comme onctueux et va-t-en-guerre ; Augustin de Iturbide y Green, neveu d’un ancien empereur mexicain reconverti en professeur d’université à Washington ; ou encore Leopold Berchtold, ministre austro-hongrois que l’auteur présente comme le plus réaliste et sans doute le plus belliciste du lot.

Ces hommes ont trente jours pour décider du sort du monde. Le compte à rebours s’ouvre le 28 juin 1914, quand Gavrilo Princip, un Serbe de Bosnie, abat l’archiduc François-Ferdinand à Sarajevo. Il se referme le 28 juillet, lorsque l’empire austro-hongrois déclare la guerre à la Serbie, entraînant l’Europe puis le reste du monde dans le conflit de 1914-1918.

Mauffrey restitue cette mécanique fatale à travers des scènes romancées, publiques ou intimes : réunions diplomatiques, promenades, repas, voyages, conversations de couple. Les dialogues sont travaillés, les détails savoureux. L’auteur montre des dirigeants qui, au fil des jours, se résolvent à accepter ce qui leur paraît de plus en plus inévitable, alors même qu’au départ personne ne souhaitait la guerre.

Ce que le roman met en lumière, c’est moins la mécanique des alliances que la psychologie des décideurs : leurs hésitations, leurs contradictions, leurs calculs d’honneur et leurs vanités. Des hommes puissants qui n’en apparaissent que plus ordinaires, pris dans un engrenage qu’ils ont contribué à enclencher sans toujours en mesurer les conséquences.

Les hommes de juillet, Romain Mauffrey, Éditions Hervé Chopin.

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