Le président de la Fédération française de parachutisme, Yves-Marie Guillaud, a vivement réagi sur Franceinfo après le crash d’un avion survenu dimanche 28 juin à Tomblaine, près de Nancy. Selon lui, l’appareil a décollé au “pire moment”, en pleine période de fortes chaleurs. Le drame a fait onze morts. Les victimes sont cinq moniteurs de parachutisme, cinq élèves et le pilote. Toutes les personnes présentes à bord de l’avion sont décédées.
“C’était le pire moment” pour faire décoller l’appareil
Interrogé par Franceinfo, Yves-Marie Guillaud a estimé que le vol avait été organisé dans des conditions horaires particulièrement défavorables. Selon lui, les sauts tandem ne doivent pas être réalisés en fin de matinée ou en début d’après-midi lorsqu’il fait très chaud. Il explique que les clubs privilégient normalement les vols tôt le matin, quand l’air est encore frais, puis en soirée, après le retour d’un peu de fraîcheur. Le président de la fédération a résumé sa position : “Dans la journée, rien du tout.”
Une note demandait de limiter les activités pendant la canicule
La Fédération française de parachutisme avait reçu, quelques jours avant l’accident, une note du ministère des Sports demandant de limiter les activités pendant la canicule, y compris les sauts en parachute. Yves-Marie Guillaud regrette toutefois que les avions privés de l’aviation civile disposent de leurs propres règles, même lorsqu’ils sont utilisés dans le cadre d’activités sportives. Pour lui, cette situation pose une question directe sur l’encadrement des vols de parachutisme en période de chaleur extrême.
L’avion est tombé peu après le décollage
L’appareil, un avion de type Pilatus immatriculé en Allemagne selon France Info, venait de décoller de l’aérodrome de Nancy-Essey. Il s’est écrasé vers 11 heures, à environ 300 mètres de la piste, dans une zone herbeuse située non loin d’une zone résidentielle et de plusieurs routes. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a indiqué sur place que l’avion avait commencé à prendre son envol avant de tomber subitement.
Aucune victime au sol
Les onze personnes à bord sont mortes dans le crash. Les autorités ont précisé qu’il n’y avait pas de victime collatérale. Le drame s’est produit sous les yeux de proches et de témoins présents autour de l’aérodrome. Une cellule d’urgence médico-psychologique a été mise en place pour accompagner les familles des victimes et les personnes ayant assisté à l’accident.
Le profil du pilote dans le viseur de l’enquête
Yves-Marie Guillaud estime également que l’enquête devra répondre à plusieurs questions sur le pilote : depuis quand pilotait-il, combien de rotations avait-il effectuées, avait-il mangé, bu, ou respecté ses temps de repos. Ces éléments devront être vérifiés par les enquêteurs, avec l’état de l’appareil, les conditions de décollage, la météo, l’organisation du vol et les règles appliquées au moment des faits.
Une enquête confiée à la gendarmerie des transports aériens
Le pôle accidents collectifs du parquet de Paris s’est saisi de l’enquête judiciaire. Les investigations ont été confiées à la gendarmerie des transports aériens. L’avion n’était pas nécessairement équipé d’une boîte noire. Les enquêteurs pourraient donc s’appuyer sur d’autres éléments, notamment des témoignages, les constatations techniques sur l’épave et d’éventuelles vidéos tournées à bord ou au sol.
Un drame pour l’aviation légère
Avec 11 morts, ce crash est l’un des accidents les plus meurtriers survenus en France dans le cadre de l’aviation légère. Au-delà du bilan humain, la réaction du président de la Fédération française de parachutisme met désormais au centre du dossier la question des vols organisés en période de fortes chaleurs, des horaires de décollage et des règles applicables aux avions privés utilisés pour des activités sportives.