Trente-sept pays se réunissent lundi 13 juillet à l’Hôtel des Invalides, à Paris, autour d’Emmanuel Macron et de Volodymyr Zelensky, pour renforcer l’aide militaire à l’Ukraine et accentuer la pression sur Moscou.
Le cadre est délibérément symbolique. C’est à l’Hôtel national des Invalides, haut lieu de la mémoire militaire française, qu’Emmanuel Macron a choisi de réunir les dirigeants de la coalition des volontaires pour l’Ukraine, à la veille du 14-Juillet. Trente-sept pays y sont représentés au niveau des chefs d’État ou de gouvernement, avec Volodymyr Zelensky comme invité central.
La présidence française a fixé l’objectif : accroître « le soutien à l’Ukraine et la pression sur la Russie ». Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a détaillé trois axes de travail. Le premier porte sur l’appui militaire à Kiev, « notamment en matière de défense antiaérienne » face aux bombardements russes. Le deuxième vise à durcir les sanctions contre Moscou, un « 21e paquet de sanctions européennes devant être adopté lundi ». Le troisième concerne « la préparation de la paix et la définition des garanties de sécurité indispensables pour prévenir toute nouvelle agression ».
Les discussions porteront aussi sur la coopération en matière de défense antibalistique et sur la production d’armements sous licence en Ukraine. La Force multinationale pour l’Ukraine, destinée à être déployée sur place après un éventuel cessez-le-feu, dispose désormais d’un état-major opérationnel installé près de Paris. Des exercices vont débuter, hors du territoire ukrainien tant que les « conditions pour un déploiement réel ne sont pas remplies », a précisé l’Élysée, qui insiste sur la nécessité d’afficher la « crédibilité » de cette force face à Moscou.
Le sommet s’inscrit dans un contexte militaire et diplomatique en mouvement. Donald Trump, longtemps perçu comme plus favorable à Vladimir Poutine qu’à Zelensky, a affiché un soutien plus marqué à l’Ukraine lors du G7 d’Évian en juin, puis au sommet de l’Otan à Ankara cette semaine. L’Élysée y voit un « moment de reconvergence et d’unité transatlantiques ».
Sur le terrain, l’Ukraine mène des frappes quasi-quotidiennes sur les raffineries et dépôts pétroliers russes, provoquant de sévères pénuries de carburant en Russie, et conduit une contre-offensive en Crimée. L’armée russe, elle, progresse difficilement dans le Donbass, au prix d’un bilan estimé à 1 000 morts et blessés par jour selon des évaluations occidentales. Le commandant en chef des forces ukrainiennes, Oleksandr Syrsky, juge toutefois Kiev encore « loin d’un tournant dans la guerre ».
La Russie continue ses attaques aériennes : quatre personnes ont été tuées dans la nuit de samedi à dimanche. Début juillet, 30 civils avaient péri lors de tirs de missiles sur Kiev.
La séquence se prolongera mardi avec le défilé du 14-Juillet sur les Champs-Élysées, où quelque 500 soldats des pays membres de la coalition ouvriront la parade. Zelensky prendra place dans la tribune d’honneur aux côtés du chancelier allemand Friedrich Merz et du Premier ministre espagnol Pedro Sanchez. Pour Macron, ce sera sa dernière participation au défilé en tant que président. Il prononcera lundi matin un discours aux armées consacré au « réarmement » de la France, dont le budget de la défense doit doubler en dix ans.
Communauté
Commentaires
Les commentaires sont ouverts, mais protégés contre le spam. Les premiers messages et les commentaires contenant des liens passent par une validation manuelle.
Soyez le premier à commenter cet article.