Au Vatican, un El Greco restauré révèle plusieurs images enfouies
Au Vatican, un El Greco restauré révèle plusieurs images enfouies

Le palais pontifical de Castel Gandolfo accueille depuis le 14 mars une exposition consacrée à deux petits formats d’El Greco, avec en vedette une redécouverte spectaculaire : Le Rédempteur, tableau conservé au Vatican, a retrouvé son véritable visage après une restauration qui a mis au jour la main du peintre crétois sous d’anciens repeints. Ce chantier a aussi permis de révéler, sous la surface visible, d’autres compositions abandonnées, offrant un aperçu rare de son travail en atelier.

Une restauration qui a changé la lecture du tableau

Peinte vers 1590-1595, cette huile sur panneau de 45 sur 29 centimètres appartenait depuis 1967 aux collections pontificales, après avoir été offerte à Paul VI par l’intellectuel espagnol José Sánchez de Muniáin, selon les Musées du Vatican. Longtemps, l’œuvre est restée difficile à interpréter, notamment parce qu’elle avait été altérée au XXe siècle par des surpeints qui masquaient la matière d’origine.

La campagne menée par le Laboratoire de restauration des Musées du Vatican, sous la direction de Paolo Violini, avec Alessandra Zarelli pour la restauration et Fabio Morresi pour les analyses scientifiques, a permis de dégager la version authentique du tableau. Les Musées du Vatican expliquent que les examens techniques et le nettoyage ont confirmé le caractère autographe de l’œuvre. Le Christ, resté inachevé, apparaît désormais avec une physionomie plus subtile et plus proche du style du maître, loin de l’image grossière que les repeints avaient imposée.

Un face-à-face avec un Saint François de jeunesse

La surprise ne s’arrête pas là. Selon les Musées du Vatican, la restauration a fait apparaître un véritable palimpseste pictural : sous Le Rédempteur se trouvent des traces d’autres compositions d’El Greco, preuve que le panneau avait été réutilisé. Cette découverte éclaire de façon précieuse la méthode de travail du peintre, capable de reprendre un support pour y développer plusieurs idées successives.

L’exposition, intitulée El Greco in the mirror. Two paintings compared, met cette œuvre en dialogue avec un Saint François plus ancien, prêté par la Fondation A. et M.A. Pagliara de l’université Suor Orsola Benincasa. Ce second panneau, daté autour de 1570 selon les organisateurs, renvoie aux années italiennes du peintre, quand il fréquentait Rome après son passage par les ateliers vénitiens. Le rapprochement entre ces deux tableaux permet ainsi de mesurer l’évolution d’El Greco, de ses débuts encore marqués par l’Italie jusqu’à sa manière tardive, beaucoup plus singulière. L’ensemble a aussi été pensé comme un hommage au pape Léon XIV, dans le cadre du huitième centenaire de la mort de saint François d’Assise, précisent les organisateurs.

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